RDC : Le gouvernement prépare une vaste campagne de désarmement civil volontaire
- redacteur3.0
- août 31, 2026
- Afrique
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Le gouvernement de la République démocratique du Congo prévoit de lancer, du 22 septembre au 22 décembre, une opération de désarmement civil volontaire dans plusieurs zones jugées stratégiques. La campagne vise à récupérer puis détruire les armes détenues illégalement par des civils, avec pour objectif de réduire leur circulation dans le pays.
La campagne sera menée dans le cadre de l’initiative de l’Union africaine « Faire taire les armes ». Elle doit concerner notamment Kinshasa, le Kongo-Central, la Tshopo, le Grand Équateur et le Grand Kasaï, selon les zones retenues par les autorités. La Commission nationale de contrôle des armes légères et de petit calibre (CNC-ALPC) sera chargée de superviser l’opération.
Pour encourager les détenteurs d’armes à les remettre volontairement, les autorités prévoient plusieurs mesures incitatives. Les personnes concernées devraient notamment bénéficier de l’anonymat, d’une amnistie judiciaire ainsi que d’une contrepartie matérielle, selon le principe « une arme contre un objet de développement ».
Cette initiative intervient alors que la RDC mène depuis plusieurs années des opérations visant à réduire la présence d’armes en circulation. En juillet 2024, le vice-Premier ministre Jacquemain Shabani avait annoncé la destruction de plus de 200 000 armes et de plus de 1 000 tonnes de munitions dans le pays. Une partie de ces armes provenait déjà de précédentes campagnes de désarmement civil volontaire.
Les autorités entendent ainsi poursuivre leurs efforts pour limiter l’accès des civils aux armes illégalement détenues. Mais la récupération des armes présentes sur le territoire ne règle qu’une partie du problème. La possibilité de nouvelles entrées constitue également un enjeu majeur pour les autorités congolaises.
Une étude publiée en mai 2025 par le Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (Grip) souligne notamment la vulnérabilité des plus de 10 000 kilomètres de frontières de la RDC. Elle met également en avant les risques liés à d’éventuels détournements d’armes provenant des stocks officiels.
Pour l’heure, le gouvernement n’a pas encore fixé de nombre précis d’armes à récupérer durant cette nouvelle campagne. Les modalités de l’amnistie judiciaire ainsi que la nature des biens qui seront proposés en échange des armes doivent également être précisées avant le lancement de l’opération.
Cette campagne devra donc combiner collecte, destruction et contrôle des flux d’armes pour produire des résultats durables. La réussite du dispositif dépendra autant de la participation volontaire des détenteurs que de la capacité des autorités à empêcher l’arrivée de nouvelles armes sur le territoire congolais.

