RDC : Kinshasa et l’AFC/M23 se disputent le contrôle des universités
- redacteur3.0
- août 26, 2026
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Les universités publiques situées dans les zones contrôlées par l’AFC/M23 dans l’est de la République démocratique du Congo sont au cœur d’un nouveau bras de fer entre Kinshasa et le groupe politico-militaire.
Le gouvernement congolais a ordonné, le 26 août 2026, la suspension des activités de l’année universitaire 2026-2027 dans onze établissements publics de Goma et Bukavu. Il dénonce notamment des nominations jugées « illégales » au sein de ces universités. Les étudiants concernés sont toutefois autorisés à poursuivre leur cursus dans des établissements situés en dehors des zones de conflit.
Derrière cette décision se joue une question plus large : le contrôle de l’enseignement supérieur, mais aussi la rémunération du personnel et la reconnaissance des diplômes délivrés dans les territoires contrôlés par l’AFC/M23.
Une bataille pour la tutelle et les salaires
La question de la tutelle universitaire n’est pas nouvelle. Dans un rapport publié en décembre 2025, des experts des Nations unies indiquaient déjà que l’AFC/M23 avait demandé aux universités de rompre leurs liens avec le ministère congolais de l’Enseignement supérieur. Le mouvement avait également supervisé des examens d’État, introduit de nouveaux bulletins scolaires et annoncé des réformes dans le secteur de l’éducation.
Malgré la prise de Goma et Bukavu, Kinshasa conservait toutefois un moyen de pression important : les agents publics de l’éducation continuaient d’être rémunérés par l’État congolais. Cette situation a également évolué. Les salaires de 48 agents ont été suspendus. Ils sont accusés d’avoir rejoint l’AFC/M23, de lui avoir prêté allégeance ou d’avoir accepté des fonctions sous son autorité.
L’AFC/M23 promet une solution
En réaction, Bertrand Bisimwa, coordonnateur adjoint de l’AFC/M23, a annoncé la mise en place d’un mécanisme destiné à assurer la continuité des études dans les zones sous contrôle du mouvement. Les modalités de ce dispositif restent cependant inconnues. Les questions du financement, de la rémunération du personnel et de l’autorité chargée de valider les résultats restent notamment sans réponse. Pour les milliers d’étudiants concernés, l’enjeu est important. La possibilité de poursuivre leurs études, d’obtenir des équivalences et de faire reconnaître leurs diplômes dépend directement de l’autorité qui contrôle les établissements et organise leur fonctionnement.
L’AFC/M23 contrôle de vastes territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, ainsi que les capitales provinciales Goma et Bukavu. Le mouvement y a instauré une administration parallèle, dans un contexte de conflit qui dure depuis plusieurs décennies dans l’est de la RDC.

