Éthiopie : La visite de l’envoyé de l’UA ne débloque pas le dialogue avec le Tigré

La visite d’Olusegun Obasanjo, envoyé spécial de l’Union africaine (UA) pour la Corne de l’Afrique, n’a pas permis de faire avancer les discussions entre les autorités du Tigré et le gouvernement fédéral éthiopien, selon les autorités de la région.

L’ancien président nigérian s’est rendu le 24 août à Mekele, la capitale du Tigré. Il avait déjà effectué une visite dans la région en juin pour échanger avec les autorités tigréennes. Olusegun Obasanjo avait notamment joué un rôle majeur dans la médiation ayant conduit aux accords de Pretoria de 2022, qui avaient mis fin à la guerre entre les forces du Tigré et le gouvernement fédéral.

Les autorités tigréennes regrettent toutefois l’absence de suivi des discussions engagées en juin. Elles affirment avoir alors identifié cinq pistes pouvant servir de base à un dialogue avec Addis-Abeba, notamment la fin de l’encerclement militaire de la région et le rétablissement du statut juridique et politique du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Des tensions toujours vives

Le TPLF estime que les discussions engagées depuis l’accord de Pretoria ont été marquées par des « assurances non tenues » et une détérioration de la situation sur le terrain. Il affirme néanmoins être prêt à participer à un dialogue « crédible et limité dans le temps », avec le soutien de partenaires internationaux.

Selon le vice-président du TPLF, Amanuel Assefa, la visite d’Olusegun Obasanjo était informelle et n’avait pas été annoncée au préalable. Le gouvernement fédéral éthiopien n’a, pour sa part, pas commenté le déplacement ni indiqué si des représentants d’Addis-Abeba avaient rencontré l’émissaire de l’UA.

Les tensions restent importantes entre les deux camps. Après la guerre qui a opposé les forces tigréennes au gouvernement fédéral entre 2020 et 2022, les deux parties ont de nouveau massé des troupes de part et d’autre de la frontière du Tigré et s’accusent mutuellement de préparer une reprise des hostilités.

La région, qui comptait environ six millions d’habitants avant le conflit, reste fragilisée économiquement et compte encore plusieurs centaines de milliers de personnes déplacées.

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