Ebola : Quatre présidents africains réclament des financements plus rapides

Quatre chefs d’État africains et le directeur général d’Africa CDC appellent les partenaires internationaux à accélérer et à mieux tracer les financements destinés à la lutte contre Ebola en RDC et en Ouganda. Félix Tshisekedi, Yoweri Museveni, Faustin-Archange Touadéra, Évariste Ndayishimiye et Jean Kaseya ont formulé ces demandes dans une tribune publiée par Jeune Afrique.

Selon les signataires, environ 1,2 milliard de dollars ont été promis par les bailleurs internationaux pour la riposte contre Ebola en RDC et en Ouganda. Mais seuls 816 millions de dollars auraient pour l’instant été effectivement décaissés. Ils estiment que ces retards ont des conséquences directes sur le terrain, en privant certains villages de traitements et en empêchant des équipes de surveillance d’accéder à certaines communautés.

Les cinq responsables demandent également davantage de transparence dans l’utilisation des fonds. Ils souhaitent pouvoir déterminer précisément où chaque financement est arrivé, à quel moment, pour quelle intervention et avec quels résultats. Selon eux, l’utilisation de ressources en dehors des mécanismes nationaux peut aussi fragmenter la réponse à l’épidémie.

Les signataires plaident par ailleurs pour une meilleure coordination régionale, notamment en matière de surveillance transfrontalière, de laboratoires et d’équipes d’urgence. Leur principe est résumé ainsi : les États dirigent, Africa CDC coordonne et les partenaires soutiennent. Cette mobilisation intervient alors que l’épidémie déclarée le 15 mai en RDC s’est étendue à six provinces. Elle a déjà causé plus de 2 500 décès dans le pays.

De son côté, l’OMS a renforcé ses recommandations concernant les zones touchées. Elle préconise notamment de réduire les rassemblements dans les restaurants, débits de boissons et boîtes de nuit, de limiter les motos à un seul passager et de sécuriser l’ouverture des écoles.

L’organisation recommande également des contrôles sanitaires permanents sur certaines routes menant aux territoires à risque ainsi qu’une surveillance des bateaux reliant les zones touchées aux grandes villes. Elle ne préconise toutefois ni la suspension des vols ou des liaisons fluviales avec la RDC, ni le refus d’entrée des voyageurs.

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