Ebola en RDC : Un nouveau vaccin candidat en développement

Face à l’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement en République démocratique du Congo (RDC), la recherche d’un vaccin ciblant spécifiquement le virus Bundibugyo s’accélère. La Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (Cepi) va financer à hauteur de 16,5 millions de dollars, soit près de 14 millions d’euros, le développement d’un nouveau candidat-vaccin par le groupe pharmaceutique égyptien Minapharm.

Le candidat a été conçu par ProBioGen, une société basée à Berlin et appartenant à Minapharm. Le projet doit permettre de faire avancer le vaccin jusqu’à un premier essai chez l’être humain, prévu en Afrique. Il s’agit du cinquième projet de vaccin spécifiquement destiné à lutter contre le virus Bundibugyo soutenu par la Cepi. Les quatre autres utilisent différentes technologies, notamment l’ARN messager, avec Moderna, ChAdOx avec l’université d’Oxford et le Serum Institute of India, ainsi que la technologie rVSV avec Hilleman Laboratories et Public Health Vaccines.

Ce nouveau candidat reste toutefois expérimental et ne peut pas être utilisé immédiatement contre l’épidémie en cours en RDC. À ce jour, aucun vaccin ni traitement spécifique contre la souche Bundibugyo n’est disponible. Le candidat développé par ProBioGen repose sur une technologie utilisant un virus fortement affaibli, incapable de se multiplier dans les cellules humaines. Celui-ci doit servir de vecteur pour présenter au système immunitaire des protéines du virus Bundibugyo.

Selon la Cepi, ce vaccin est le seul de son portefeuille conçu pour stimuler à la fois la production d’anticorps et certaines réponses cellulaires du système immunitaire. L’objectif est d’obtenir une protection complète et durable, mais cette capacité doit encore être démontrée. Le projet doit d’abord passer par des études précliniques avant d’entrer en phase 1. Cette première étape chez l’être humain permettra notamment d’évaluer la sécurité du vaccin et sa capacité à déclencher une réponse immunitaire.

La production sera répartie entre Berlin et Le Caire. ProBioGen fabriquera dans un premier temps le principe actif en Allemagne, tandis que Minapharm réalisera le produit final en Égypte. Le groupe prévoit ensuite de transférer également au Caire la production du principe actif.

Pour Jean Kaseya, directeur d’Africa CDC, le développement de ce vaccin par une entreprise africaine doit aussi contribuer au renforcement des capacités du continent à produire ses propres outils de lutte contre les épidémies. Même si la phase 1 se révèle concluante, des essais supplémentaires seront nécessaires avant une éventuelle autorisation d’urgence. La Cepi ambitionne de faire avancer au moins deux vaccins contre Bundibugyo jusqu’à cette étape.

En attendant un vaccin spécifique, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé un essai clinique de phase 3 avec Ervebo, un vaccin déjà homologué contre la souche Zaïre du virus Ebola. Son efficacité contre Bundibugyo n’est pas encore établie chez l’être humain, mais des données préliminaires obtenues en laboratoire et sur des animaux suggèrent qu’il pourrait offrir une certaine protection.

Depuis le début de la 17e épidémie d’Ebola en RDC, à la mi-mai, 5 945 cas confirmés avaient été recensés au vendredi 28 août dans les six provinces touchées. Parmi eux, 2 862 décès ont été enregistrés, soit un taux de létalité de 48,1 %. Au total, 1 327 personnes avaient été déclarées guéries, selon le dernier rapport de situation de l’Institut national de santé publique de RDC, publié le 29 août.

À titre de comparaison, l’épidémie d’Ebola la plus meurtrière enregistrée dans le pays avait fait près de 2 300 morts pour environ 3 500 cas entre 2018 et 2020.

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