Zambie : La mort d’un député et des arrestations fragilisent la réélection d’Hichilema

Une semaine après la réélection du président Hakainde Hichilema avec 60% des voix, la Zambie traverse une période de tensions postélectorales. La mort du parlementaire et ancien ministre Mutotwe Kafwaya, tué lors d’un raid policier le 14 août, et l’arrestation de plusieurs figures de l’opposition alimentent les inquiétudes sur l’état de droit dans le pays.

Les autorités ont confirmé mercredi 19 août le décès de Mutotwe Kafwaya, survenu lors d’un « échange de tirs » au cours d’une opération ciblant officiellement « une milice » proche de l’opposant Brian Mundubile, candidat malheureux à la présidentielle avec 38% des voix. L’inspecteur général de la police a confirmé l’arrestation de 11 personnes et la saisie d’armes, de munitions et de matériel électronique lors du raid.

Les circonstances de l’opération restent floues et les silences des autorités alimentent les suspicions. L’Association du barreau de Zambie réclame une enquête « transparente, impartiale et crédible ». « La sécurité nationale ne peut pas être utilisée comme prétexte pour justifier l’usage excessif de la force, les arrestations arbitraires et le non-respect du droit constitutionnel », alerte-t-elle.

Selon la juriste et défenseuse des droits humains Linda Kasonde, une « trentaine de personnes » auraient été arrêtées illégalement ces derniers jours. Elle évoque une « situation inédite en Zambie » et estime que les élections se sont déroulées « dans un climat politique défavorable » qui entame leur crédibilité.

Le secrétaire de cabinet Patrick Kangwa a exprimé les regrets du gouvernement après la mort de Kafwaya, tout en appelant à respecter les résultats électoraux et à laisser le processus constitutionnel suivre son cours.

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