RDC : La flambée de choléra inquiète l’OMS en pleine épidémie d’Ebola
- redacteur3.0
- août 24, 2026
- Actualités
- 0 Comments
En République démocratique du Congo, l’épidémie d’Ebola n’est pas la seule urgence sanitaire. Le pays fait face à une flambée prolongée de choléra qui a déjà fait 1 173 morts sur près de 39 500 cas suspects depuis le début de l’année 2026. L’OMS et Médecins sans frontières alertent sur une létalité alarmante dans les zones non habituellement touchées et sur le risque de voir les autres crises reléguées au second plan.
Selon un rapport interne de l’OMS consulté par RFI, la létalité dans les provinces non endémiques atteint 8,05%, soit plus de six fois celle observée dans les foyers habituels comme le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Cette forte mortalité concerne toutes les tranches d’âge. L’OMS l’attribue à des insuffisances dans la détection précoce et la prise en charge des malades. Le pays reste au-dessus des 1 000 cas suspects hebdomadaires depuis plusieurs semaines, un niveau jugé alarmant à l’approche de la saison des pluies.
La riposte est confrontée à de nombreux obstacles : risque de rupture des stocks de soluté de réhydratation et de tests de diagnostic rapide, centres de traitement insuffisamment équipés, zones enclavées difficiles d’accès. À Lubumbashi, le délabrement du centre de traitement de Kenya compromet les conditions de prise en charge selon le rapport.
MSF souligne également l’impact du conflit dans l’est du pays. Les combats ont retardé des campagnes de vaccination et bloqué l’acheminement des intrants médicaux depuis Kinshasa, notamment après la fermeture des aéroports de Goma et Bukavu. En 2026, MSF a déjà soigné plus de 2 410 patients atteints du choléra dans ses structures.
Le choléra s’ajoute à d’autres crises simultanées. Plus de 108 000 cas de rougeole et 1 394 décès ont été enregistrés entre janvier et juillet 2026. Le paludisme reste la première cause de morbidité dans le pays. Le Mpox, la fièvre typhoïde, les blessures de guerre et les violences sexuelles mobilisent eux aussi les équipes soignantes.
« Pour les familles que nous soignons, il n’existe pas de hiérarchie entre les crises », souligne le docteur Yvan Mbangi, coordinateur médical adjoint de MSF à Goma. L’OMS et MSF appellent à maintenir les financements sur l’ensemble des réponses sanitaires, sans concentrer tous les moyens sur Ebola.

