RDC : Félix Tshisekedi fixe les contours du dialogue national
- redacteur3.0
- août 28, 2026
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Le président congolais Félix Tshisekedi a officiellement lancé, jeudi 27 août 2026, le « Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État ». Le processus débutera dans les 26 provinces avant de se poursuivre à Kinshasa. Il devra s’achever dans un délai maximum de trois mois.
Le chef de l’État veut un dialogue largement ouvert à la classe politique et à différentes composantes de la société congolaise. Majorité, opposition, société civile, confessions religieuses, autorités coutumières, organisations de femmes et de jeunes, travailleurs, universitaires, entrepreneurs, agriculteurs ou encore membres de la diaspora sont appelés à participer aux consultations.
Les premières discussions se tiendront dans chaque province. Des forums réuniront les populations et les autorités locales, ainsi que les représentants des institutions, des partis politiques, de la société civile et des différents secteurs de la vie nationale. Chaque province devra établir un état des lieux portant notamment sur l’insécurité, les conflits fonciers et coutumiers, les tensions communautaires, les difficultés administratives, les inégalités et les obstacles au développement. Les propositions recueillies seront ensuite regroupées dans une synthèse nationale destinée aux assises qui se tiendront à Kinshasa. « Les assises de Kinshasa ne seront pas le point de départ du dialogue, mais l’aboutissement d’une parole recueillie à travers tout le pays », a déclaré Félix Tshisekedi.
Le président congolais a également fixé une durée maximale de trois mois pour l’ensemble du processus. Aucune date précise n’a toutefois encore été annoncée pour le début des consultations provinciales ou la tenue des assises nationales. Dans les prochains jours, une ordonnance doit instituer un Comité d’organisation chargé de préparer les aspects administratifs, matériels et logistiques du dialogue. Une seconde ordonnance devra ensuite convoquer officiellement les assises et préciser notamment les principes directeurs, les modalités de représentation et les mécanismes de suivi.
Le format retenu par Félix Tshisekedi diffère de certaines propositions formulées par l’opposition. Martin Fayulu avait notamment plaidé pour un dialogue plus court, tandis que le mouvement Sauvons la RDC avait réclamé une médiation neutre et indépendante avec l’appui de l’Union africaine et des Nations unies.
La question de l’inclusivité reste également au cœur des débats. Félix Tshisekedi affirme que personne ne doit être écarté en raison de ses opinions, de son appartenance politique, de son origine, de sa langue, de son ethnie ou de sa religion. Il exclut toutefois les groupes qui continuent de combattre par les armes contre l’ordre constitutionnel ou occupent une partie du territoire. Cette disposition concerne notamment l’AFC/M23, qui ne pourra pas participer au dialogue en tant que composante politique dans les conditions actuelles. Les discussions avec ce mouvement restent, selon la présidence, liées au processus de Doha consacré au conflit dans l’est de la RDC.
Les membres de groupes armés qui renonceraient de manière « sincère et vérifiable » aux armes pourraient néanmoins participer à titre individuel, sous certaines conditions. Félix Tshisekedi exclut par ailleurs toute amnistie générale pour les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les actes de génocide, les violences sexuelles graves et autres crimes imprescriptibles. Le chef de l’État a aussi assuré que le dialogue ne conduirait ni à la suspension des institutions ni à une remise en cause du mandat issu des urnes. Il affirme que les institutions continueront d’exercer leurs prérogatives jusqu’au terme constitutionnel de leurs mandats.
Félix Tshisekedi a enfin annoncé des « mesures de confiance et de décrispation politique », dont le contenu n’a pas encore été précisé. Il promet également de veiller aux conditions permettant le retour et la participation de Congolais actuellement en marge de l’unité nationale. Au terme des trois mois prévus, les assises doivent aboutir à un « Pacte national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État ». Une matrice publique devra ensuite préciser les engagements pris, les institutions chargées de leur mise en œuvre, le calendrier d’exécution et les résultats attendus.
Plusieurs éléments restent encore à préciser, notamment la date de début des consultations, la composition des organes chargés de préparer le dialogue et les modalités de désignation des participants aux assises nationales.

