RDC : « Aucune question d’intérêt national ne doit être confisquée », affirme le président Tshisekedi
- redacteur3.0
- juin 30, 2026
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Dans un message à la Nation prononcé dans la nuit du 29 au 30 juin 2026, à l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance de la RDC, le président Félix Tshisekedi est revenu sur les tensions entourant le projet de référendum constitutionnel porté par la majorité au pouvoir. Il a affirmé que dans une démocratie, aucune question d’intérêt national ne doit être confisquée ni interdite de réflexion, rappelant que la Constitution n’est ni un instrument de circonstance, ni un objet de convenance.
Le chef de l’État a appelé à ne pas confisquer la souveraineté du peuple et a réitéré ses exigences pour un dialogue, tout en exhortant les acteurs politiques et la société civile à la retenue. Il a précisé que la République ne fermait la porte à aucun de ses enfants dès lors qu’ils choisissent la voie de la paix et du dialogue, mais a mis en garde contre tout détournement de ce dialogue à des fins de pression ou de contournement des institutions, rappelant que le recours à la violence ou à la désinformation ne saurait constituer un mode d’expression politique légitime.
Ce discours intervient dans un climat politique déjà tendu en RDC, plus de deux ans avant la prochaine élection présidentielle. Mi-juin, le Parlement avait adopté une proposition de loi posant le cadre d’un référendum sur une révision constitutionnelle, qui ouvrirait la voie à un troisième mandat pour Félix Tshisekedi. Le 12 juin, un rassemblement de l’opposition à Kinshasa dénonçant une tentative de « coup d’État constitutionnel » avait été réprimé, faisant au moins un mort selon les Nations unies. L’opposition et une partie de la société civile appellent désormais à un nouveau rassemblement le 8 juillet contre ce projet de référendum.
Le gouvernement a par ailleurs interdit tous les rassemblements de masse dans quatre provinces Kinshasa, Tshopo, Haut-Uélé et Bas-Uélé invoquant l’épidémie d’Ebola en cours dans le pays. Une décision contestée par l’opposition, qui y voit une mesure politiquement motivée visant à empêcher la manifestation prévue le 8 juillet. Le porte-parole de la coalition Lamuka, Prince Epenge, a fait valoir qu’aucun cas d’Ebola n’avait été signalé à Kinshasa, que les lieux de culte et les rassemblements publics continuaient de fonctionner normalement dans la capitale, et a annoncé que l’opposition ne s’estimait pas tenue de respecter cette interdiction.

