Ouganda : Kampala veut maintenir ses troupes en Somalie

L’Ouganda entend maintenir une présence militaire en Somalie malgré la fin annoncée du financement américain de la mission de stabilisation de l’Union africaine. Kampala affirme vouloir poursuivre son engagement contre les jihadistes Shebabs, alors que la mission AUSSOM pourrait prendre fin d’ici à la fin de 2026.

« L’Ouganda restera en Somalie », a déclaré le ministre ougandais de la Défense, Kiwanuka Kiryowa, le 14 août. Les autres pays qui fournissent des soldats à la mission de l’Union africaine, Burundi, Djibouti, Égypte, Éthiopie et Kenya souhaitent également prolonger l’opération, mais son financement reste incertain.

Les États-Unis ont annoncé début juillet qu’ils ne renouvelleraient pas leur financement au Bureau des Nations unies en Somalie, dont dépendait en partie la mission africaine. Trouver de nouveaux bailleurs pour cette opération, coûteuse et engagée depuis plusieurs années, s’annonce donc difficile alors que les Shebabs continuent de progresser dans certaines régions du pays.

Kampala veut poursuivre son engagement

L’Ouganda est le principal contributeur de troupes à la mission de l’Union africaine, avec environ 4 500 soldats sur les 12 000 déployés. Kampala dispose également de 2 000 militaires en Somalie dans le cadre d’un accord bilatéral conclu en 2024. Une partie des soldats actuellement engagés sous le drapeau de l’Union africaine pourrait ainsi être transférée vers cette mission bilatérale. Mais le ministre ougandais souligne que cette présence nécessitera des ressources et un soutien extérieur.

La volonté de Kampala de rester en Somalie s’explique notamment par son engagement dans la lutte contre les Shebabs. Le groupe jihadiste avait revendiqué l’attentat de Kampala en 2010, qui avait fait 76 morts. Pour l’Ouganda, cette présence militaire représente également un moyen de maintenir son armée opérationnelle et de renforcer son influence dans la région. Kampala cherche ainsi à conserver un rôle actif dans les dossiers sécuritaires internationaux, comme l’illustre aussi son intérêt pour une éventuelle participation à la force internationale à Gaza portée par Donald Trump.

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