Kenya : Les victimes de la BATUK réclament justice
- redacteur3.0
- août 14, 2026
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Au Kenya, des victimes présumées d’abus liés à la présence de soldats britanniques demandent justice et réparation avant le renouvellement de l’accord militaire entre Nairobi et Londres. Elles dénoncent notamment des violences sexuelles, des décès liés à des munitions non explosées et le manque de soutien à des enfants nés de relations avec d’anciens militaires britanniques.
Plusieurs victimes présumées et des représentants de familles concernées se sont rendus mercredi 12 août au Parlement kényan pour présenter leurs doléances. Ils souhaitent que toute reconduction de l’accord encadrant la présence de la British Army Training Unit Kenya (BATUK) soit accompagnée de garanties concrètes en matière de justice et d’indemnisation.
Installée près de Nanyuki, dans le centre du Kenya, la BATUK accueille chaque année plus de 1 000 militaires britanniques pour des périodes d’entraînement. Sa présence fait régulièrement l’objet de critiques en raison d’accusations de violations des droits humains liées à des soldats britanniques ou à leurs activités. Les griefs évoqués concernent notamment des blessures et des décès attribués à des munitions non explosées, des accusations de viols et d’agressions sexuelles, ainsi que des enfants qui seraient restés sans soutien après des relations avec d’anciens militaires britanniques. Les responsabilités doivent toutefois encore être établies par les autorités compétentes.
Nasibo Jillo, engagée auprès d’enfants nés de relations avec des membres de la BATUK, réclame notamment la reconnaissance de leur filiation et l’accès à leurs droits fondamentaux. Son fils de neuf ans ferait partie des enfants dont le père, un ancien militaire britannique, ne participerait pas à la prise en charge. Les familles demandent également une aide financière, un accès à l’éducation et une couverture médicale. Elles estiment que ces questions doivent être prises en compte dans les discussions sur le renouvellement de l’accord militaire.
Des parlementaires kényans soutiennent par ailleurs un renforcement des mécanismes judiciaires. Ils souhaitent notamment que les militaires britanniques puissent répondre devant la justice kényane des faits graves qui leur seraient imputés, y compris lorsqu’ils sont liés à des décès.
L’affaire Agnes Wanjiru reste sensible
Le dossier d’Agnes Wanjiru demeure l’un des principaux points de tension. La jeune femme aurait été tuée en 2012 dans des circonstances impliquant un soldat britannique, selon les accusations rapportées par sa famille. L’affaire n’a toutefois pas encore abouti à une décision judiciaire définitive établissant les responsabilités. Sa nièce, Esther Njoki, continue de réclamer une enquête complète et des poursuites. Pour les proches de la victime, le maintien de la présence de la BATUK ne devrait pas être dissocié du traitement des dossiers en attente.
De son côté, le gouvernement britannique a indiqué fin 2025 prendre des mesures pour répondre aux préoccupations soulevées. Londres avait notamment annoncé le versement de près de 3 millions de livres sterling à plus de 7 000 personnes touchées par un incendie survenu lors d’un entraînement de la BATUK.
Les modalités du prochain accord entre le Kenya et le Royaume-Uni, ainsi que les éventuelles garanties judiciaires qui pourraient y figurer, restent à préciser.

