Afrique du Sud : Qui sont les organisations derrière les manifestations anti-migrants ?
- redacteur3.0
- juillet 1, 2026
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Des milliers de Sud-Africains ont marché mardi 30 juin dans plusieurs grandes villes du pays Johannesburg, Pretoria, Durban pour protester contre l’immigration illégale, point culminant d’une vague xénophobe qui a poussé 25 000 migrants à l’exode. Si l’Afrique du Sud connaît des épisodes de violence xénophobe depuis plus de vingt ans, la plus mortelle étant celle de 2008 avec une soixantaine de morts, ces mouvements sont cette fois bien plus structurés et organisés.
Parmi les principales organisations figurent l’Opération Dudula, née à Soweto en 2021-2022 et devenue depuis une formation politique. Ses membres, souvent vêtus de tenues paramilitaires, se sont fait connaître en 2025 en bloquant aux étrangers l’accès aux hôpitaux et aux écoles. Désormais dirigée par Zandile Dabula, l’organisation était proche de l’ancien maire de Johannesburg Herman Mashaba, partisan d’un nettoyage de la ville des migrants illégaux.
L’autre mouvement central est March and March, devenu le principal organisateur des manifestations anti-migrants à l’échelle nationale. Fondé par Jacinta Ngobese Zuma, ancienne présentatrice radio originaire du KwaZulu-Natal, il bénéficierait du soutien et du financement de l’ancien président Jacob Zuma, dont le parti MK Party a participé à plusieurs manifestations à Durban, selon plusieurs chercheurs. Parmi les figures de cette mobilisation figure également Nkosikhona Ndabandaba, qui se présente comme un chef traditionnel zoulou et défile en tenue de guerrier à la tête d’un régiment entendant nettoyer le cœur historique de la monarchie zouloue.
Selon RFI, ces organisations ciblent officiellement l’immigration illégale et réclament du gouvernement sud-africain l’expulsion des sans-papiers. Mais selon la chercheuse Cécile Perrot, de l’université de Rennes II, les attaques visent en réalité tous les migrants, quel que soit leur statut légal. Elle conteste par ailleurs l’argument selon lequel les étrangers voleraient les emplois, soulignant que ces derniers occupent le plus souvent des petits commerces ou des emplois de service à la personne. Le nombre de migrants illégaux fait lui-même l’objet de chiffres très variables, oscillant entre 4 et 15 millions selon les estimations, dans un pays comptant 60 millions d’habitants dont environ cinq millions d’étrangers, principalement originaires du Zimbabwe, du Mozambique et du Malawi.

