Afrique du Sud : Pretoria réclame le remboursement des rapatriements

L’Afrique du Sud demande à plusieurs pays africains de prendre en charge les frais engagés pour le rapatriement de leurs ressortissants. Pretoria estime à près de 300 millions de rands, soit environ 16 millions d’euros, le coût des opérations menées après les récentes mobilisations contre les étrangers en situation irrégulière.

Selon le ministère sud-africain de l’Intérieur, près de 90 000 ressortissants étrangers ont quitté le pays entre la fin juin et le début du mois d’août, principalement des Malawites. L’estimation a été présentée devant un comité du Parlement. La facture comprend notamment la mise en place d’un centre temporaire dans le nord du pays, ainsi que les opérations de rapatriement et d’éloignement. L’affrètement de bus représente la principale dépense.

Certaines ambassades et certains gouvernements ont organisé directement le transport de leurs ressortissants. D’autres n’auraient toutefois pas disposé des moyens nécessaires, conduisant les autorités sud-africaines à financer une partie des déplacements. Le ministre de l’Intérieur, Leon Schreiber, a qualifié l’ampleur de ces opérations de « sans précédent ». Son ministère précise toutefois que les dépenses engagées n’avaient pas été prévues dans les budgets publics.

Pretoria demande une compensation

L’Afrique du Sud affirme avoir sollicité une compensation auprès du Malawi, ainsi qu’auprès des ambassades du Nigeria et de l’Éthiopie. Pretoria estime que les pays d’origine doivent contribuer aux frais engagés pour le retour de leurs ressortissants. Le nombre de personnes concernées reste toutefois discuté. Plusieurs gouvernements africains avancent des chiffres supérieurs aux quelque 90 000 départs recensés par les autorités sud-africaines.

La question financière alimente également un différend avec certains pays. Le Ghana et le Nigeria ont indiqué vouloir demander réparation pour les préjudices subis par leurs ressortissants durant les manifestations. Pretoria rejette cette demande et refuse d’indemniser les États concernés.

Ces mobilisations ont ravivé les tensions autour de l’immigration en Afrique du Sud. Les étrangers sont régulièrement accusés par certains groupes et citoyens de concurrencer la main-d’œuvre locale ou d’occuper des activités commerciales informelles. Les autorités doivent toutefois distinguer les personnes en situation irrégulière des ressortissants étrangers résidant légalement dans le pays.

La question migratoire est également discutée au niveau régional. Le conseil des ministres de la SADC se réunit actuellement à Durban, avant un sommet des chefs d’État prévu le 17 août. Les discussions doivent notamment porter sur la gestion des migrations et la coopération entre les pays de la région. Les modalités d’une éventuelle prise en charge des frais réclamés par Pretoria restent à préciser.

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