Togo : Le Port de Lomé paralysé par une grève de 72 heures

Les agents du Port autonome de Lomé ont entamé, mardi 11 août 2026, une grève de 72 heures à l’appel du Syndicat des agents du Port autonome de Lomé (SYAPAL). Le mouvement fait suite à l’absence d’avancées jugées satisfaisantes sur plusieurs revendications sociales.

La grève a débuté à 5 heures et doit se poursuivre jusqu’au jeudi 13 août à 23h59. Dans son préavis déposé le 27 juillet, le SYAPAL accuse la direction générale de « mauvaise foi » et dénonce un « simulacre de dialogue social ».

Selon les informations rapportées ce mardi 11 août 2026 par l’AFP et plusieurs médias togolais, le mouvement a entraîné un ralentissement des activités sur une partie de la plateforme portuaire. L’ampleur exacte des perturbations concernant la manutention, le traitement des navires et la circulation des marchandises n’avait toutefois pas encore été chiffrée officiellement au début de la grève. Ce nouveau mouvement intervient après plusieurs mois de tensions entre les travailleurs et la direction du Port autonome de Lomé.

Le SYAPAL avait déjà déposé un premier préavis le 8 juin, prévoyant une grève du 25 au 27 juin. Le mouvement avait finalement été suspendu après l’ouverture de discussions avec la direction et l’Inspection du travail. Réunis en assemblée générale le 20 juin, les agents avaient décidé de privilégier le dialogue et accordé à l’administration un délai de trente jours, allant du 22 juin au 21 juillet, pour apporter des réponses à leurs revendications.

Douze revendications au cœur du conflit

La plateforme revendicative du syndicat comprend douze points. Les travailleurs demandent notamment l’établissement d’un statut applicable au personnel, le respect des pauses et du repos hebdomadaire, ainsi que l’amélioration des conditions liées aux congés annuels. Ils réclament également le paiement des heures supplémentaires, l’affiliation des dockers occasionnels à la Caisse nationale de sécurité sociale et l’application de l’accord collectif d’établissement. D’autres revendications concernent notamment les primes de salissure et de manutention, ainsi que la prise en compte de l’ancienneté et des classifications professionnelles.

Selon le SYAPAL, les différentes réunions organisées avec la direction les 10 et 16 juin n’ont pas permis d’obtenir de réponses satisfaisantes. Le syndicat affirme avoir demandé la poursuite des discussions le 25 juin, puis adressé de nouveaux rappels les 9 et 20 juillet. À l’issue du délai accordé à l’administration, le syndicat a donc déposé un nouveau préavis le 27 juillet.

Le SYAPAL a également annoncé son intention de saisir la justice afin de demander des réparations collectives qu’il estime liées à la violation du statut particulier du personnel du Port autonome de Lomé, ainsi que des réparations individuelles pour certains travailleurs. Au début de la grève, aucune communication publique détaillée de la direction du Port autonome de Lomé concernant les revendications du syndicat ou une éventuelle reprise des négociations n’avait été retrouvée dans les informations disponibles.

Le mouvement intervient alors que les autorités togolaises cherchent à renforcer les capacités et la compétitivité du Port de Lomé, présenté comme un maillon important de la stratégie logistique régionale du pays. Plusieurs projets portent notamment sur la modernisation des infrastructures et la digitalisation des activités.

Une prolongation du mouvement pourrait ainsi affecter le transit des marchandises au-delà des frontières togolaises, le port servant également de plateforme pour plusieurs pays de l’hinterland ouest-africain. L’ampleur de l’impact économique dépendra toutefois du niveau de mobilisation des travailleurs et de la durée effective de la grève.

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