Le Ghana hausse le ton face à la recrudescence des violences xénophobes en Afrique du Sud. Accra a officiellement interpellé l’Union africaine afin d’obtenir une réponse continentale urgente contre des attaques visant plusieurs communautés africaines, dans un contexte de tensions sociales et migratoires croissantes.
Accra appelle l’Union africaine à agir rapidement
Le gouvernement ghanéen a décidé de porter la question des violences xénophobes sud-africaines devant les instances continentales. Dans une correspondance adressée à la Commission de l’Union africaine (UA), le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a demandé l’inscription urgente du dossier à l’ordre du jour de la prochaine réunion de coordination de l’organisation panafricaine.
Pour Accra, la multiplication des agressions contre des ressortissants étrangers représente une menace sérieuse pour la stabilité africaine et les principes fondateurs du panafricanisme. Les autorités ghanéennes dénoncent notamment des violences ayant entraîné des pertes humaines, des destructions de commerces ainsi qu’un climat d’insécurité grandissant parmi les migrants africains vivant en Afrique du Sud.
Une crise qui fragilise l’intégration africaine
Le Ghana estime que cette flambée de xénophobie compromet directement les ambitions d’intégration économique du continent. En ligne de mire : les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), basée sur la libre circulation des personnes et des biens entre États africains.
Dans sa note diplomatique, Accra qualifie la situation de « question d’intérêt continental urgent ». Le gouvernement appelle également l’Union africaine à renforcer ses mécanismes de surveillance des droits humains et à envisager l’envoi d’une mission d’enquête afin d’identifier les causes profondes de ces violences répétées.
Des tensions récurrentes en Afrique du Sud
Depuis plusieurs années, l’Afrique du Sud est régulièrement confrontée à des épisodes de violences ciblant des travailleurs et commerçants étrangers, accusés par certains groupes locaux d’aggraver le chômage et la précarité sociale.
Ces nouvelles attaques relancent ainsi le débat sur la protection des migrants africains et sur la capacité des institutions continentales à prévenir les discours de haine. Plusieurs observateurs estiment déjà que cette affaire pourrait dominer les échanges lors du prochain sommet de l’Union africaine prévu en juin 2026.
Samuel Richard KAKPO