La Mauritanie accélère sa campagne diplomatique pour prendre la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). En quête d’alliés influents sur le continent africain, Nouakchott a officiellement sollicité l’appui de la République centrafricaine à la candidature de l’ancienne ministre mauritanienne Coumba Bâ. Une démarche qui illustre les enjeux géopolitiques croissants autour de la future direction de l’institution francophone.
Nouakchott multiplie les alliances pour conquérir l’OIF
À quelques mois de l’élection du prochain secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, la Mauritanie intensifie ses consultations diplomatiques auprès des États membres. Dans cette dynamique, Bangui apparaît comme un partenaire stratégique capable de renforcer le poids de la candidature mauritanienne au sein du bloc africain.
Les autorités mauritaniennes cherchent ainsi à fédérer plusieurs capitales francophones autour de Coumba Bâ, figure politique reconnue dans son pays et présentée comme porteuse d’une vision modernisée de la Francophonie africaine.
Cette offensive diplomatique témoigne de l’ambition de Nouakchott de jouer un rôle accru dans les grandes institutions internationales, notamment au sein de l’espace francophone où l’Afrique représente aujourd’hui une force démographique et politique majeure.
Coumba Bâ, symbole d’une Francophonie tournée vers l’Afrique
Ancienne ministre mauritanienne et personnalité influente de la scène publique, Coumba Bâ incarne, selon ses soutiens, une nouvelle orientation pour l’OIF. Son expérience politique et sa connaissance des réalités africaines constituent les principaux arguments avancés par Nouakchott pour convaincre les États membres.
Au-delà du profil de la candidate, la Mauritanie souhaite repositionner l’Afrique de l’Ouest et le Sahel dans les équilibres décisionnels de la Francophonie. Plusieurs observateurs estiment que cette candidature pourrait renforcer les débats sur la coopération Sud-Sud, la gouvernance institutionnelle et la souveraineté des États africains au sein de l’organisation.
Bangui, un appui diplomatique à forte portée symbolique
Le soutien de la République centrafricaine pourrait représenter un atout politique important dans cette course à la direction de l’OIF. En consolidant ses alliances africaines, la Mauritanie espère bâtir un front diplomatique capable d’influencer les futures orientations de l’institution.
Cette élection dépasse désormais le simple cadre administratif. Elle révèle les nouvelles rivalités d’influence au sein de l’espace francophone, où plusieurs pays africains souhaitent peser davantage dans les décisions stratégiques de l’organisation.
Samuel Richard KAKPO