Sénégal : Le Premier ministre convainc dans sa déclaration de politique générale
- redacteur3.0
- septembre 9, 2026
- Afrique
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Pendant 2h30, le chef du gouvernement sénégalais, Ahmadou Al Aminou Lô, a défendu mardi 8 septembre l’accord pour un prêt conclu avec le FMI la semaine passée pour gérer la dette colossale du pays. Il promet aussi la continuité avec son prédécesseur Ousmane Sonko, aujourd’hui à la tête de l’Assemblée nationale.
Sur la forme, la performance semble avoir convaincu. En une de la presse nationale ce mercredi 9 septembre, Ahmadou Al Aminou Lô est qualifié d’« imperturbable » et de « pugnace ». Le journal Walf Quotidien titre de son côté que le Premier ministre « tient tête à l’Assemblée ».
Un discours de réalisme face à un hémicycle hostile
Face à un hémicycle dominé par le Pastef, Al Aminou Lô s’est présenté en technocrate, tenant un discours réaliste sans entrer dans les dossiers les plus politiques. « Nous nous sommes appauvris en 2025 et nous allons encore nous appauvrir en 2026 », a-t-il déclaré. Une posture qui peut rassurer les Sénégalais, selon un professeur en sciences politiques, dans un contexte où le bras de fer politique opposant Bassirou Diomaye Faye à Ousmane Sonko fatigue une partie de la population.
Du côté du Pastef, en revanche, rien de rassurant : pour le parti, le Premier ministre a confirmé se plier aux exigences du FMI et à la restructuration qu’Ousmane Sonko a toujours rejetée. À noter qu’Ahmadou Al Aminou Lô n’a pas pris le risque de demander la confiance des députés, évitant ainsi une probable motion de censure.
Le Premier ministre condamne des propos xénophobes
Autre déclaration remarquée pendant ce grand oral : le Premier ministre a reconnu et condamné la montée de discours xénophobes visant des ressortissants de la sous-région installés au Sénégal. « Il faut que cela cesse », a-t-il lancé, en référence à des intimidations et discours hostiles plus nombreux dans le débat public depuis le début du mois de juillet. « Nous avons tous des parents venus de la sous-région. Cette stigmatisation ne nous grandit pas », a insisté Al Aminou Lô.
Le Premier ministre visait ici, sans le nommer, le député nationaliste Tahirou Sarr, qui siège à l’hémicycle depuis novembre 2024 et tente ces dernières semaines d’imposer la question migratoire dans le débat public. Appuyé par de jeunes partisans, il accuse les commerçants guinéens de nuire aux intérêts économiques du pays et pointe le laxisme de l’État face à ce qu’il qualifie d’envahissement illégal de clandestins nigériens, sierra-léonais ou maliens.
Même si cette ligne reste marginale et largement condamnée par la classe politique, la société civile s’inquiétait d’une pente glissante et attendait une prise de position claire des autorités.

