Sénégal : Human Rights Watch dénonce la répression des personnes LGBT

Human Rights Watch dénonce l’intensification des arrestations et des violences visant les personnes LGBT au Sénégal. Dans un rapport publié le 12 octobre 2026, l’organisation évoque des détentions massives, des dépistages forcés du VIH et des difficultés d’accès à une représentation juridique.  

La situation des personnes LGBT au Sénégal suscite de nouvelles inquiétudes. Human Rights Watch (HRW) estime que le durcissement des mesures prises contre cette communauté alimente la peur, la stigmatisation et les restrictions de libertés. Dans son rapport publié ce lundi 12 octobre, l’organisation décrit une série d’arrestations intervenues dans plusieurs villes du pays. Elle affirme également que certaines personnes interpellées ont été soumises à des tests de dépistage du VIH sans consentement et que des obstacles compliquent leur accès à une défense juridique.

Ces pratiques, selon HRW, soulèvent des questions concernant le respect du droit à la vie privée, de la présomption d’innocence et du droit à un procès équitable.

Un durcissement de la législation

Le 11 mars 2026, le Parlement sénégalais a adopté une modification de l’article 319 du Code pénal. Cette réforme porte à dix ans la peine maximale d’emprisonnement prévue pour les relations sexuelles consenties entre personnes du même sexe. Le texte introduit également des sanctions pour la promotion de l’homosexualité ou le soutien à des personnes et organisations LGBT. Selon HRW, ces dispositions ont contribué à intensifier les arrestations et les pressions sur les personnes concernées. L’organisation souligne que la crainte d’être arrêtées pousse certaines personnes à se cacher, à limiter leurs déplacements et à éviter les services de santé.

Plus de 200 arrestations recensées par une organisation locale

HRW indique ne pas avoir pu vérifier de manière indépendante le nombre total d’arrestations liées à l’article 319. Toutefois, les données recueillies par la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO) font état d’au moins 212 personnes arrêtées entre février et juillet 2026. Le HIV Justice Network a, de son côté, rapporté un nombre supérieur à 300 arrestations sur la même période. Ces chiffres proviennent d’organisations différentes et ne constituent pas un décompte officiel exhaustif. Ils donnent néanmoins une indication de l’ampleur de la vague d’interpellations rapportée par les défenseurs des droits humains. HRW affirme également que certaines informations personnelles concernant des personnes arrêtées ont été diffusées dans les médias et sur les réseaux sociaux, les exposant à la stigmatisation, aux menaces et aux violences.

L’organisation alerte aussi sur les effets de la répression sur la santé publique. Des professionnels de santé interrogés par HRW indiquent que la peur d’être arrêtées ou exposées publiquement dissuade certaines personnes de recourir aux services de dépistage et de traitement du VIH. Le rapport évoque également des cas de détention prolongée et des difficultés à trouver des avocats disposés à représenter les personnes poursuivies dans ces affaires. HRW estime que ces pratiques risquent d’aggraver la vulnérabilité des personnes concernées, en les privant de soins, de protection et d’un accès effectif à la justice.

Le gouvernement sénégalais n’a pas répondu au courrier de HRW avant la publication du rapport, selon l’organisation. Les autorités n’ont donc pas présenté, dans ce document, de réponse à l’ensemble des accusations formulées.

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