RDC : Les femmes de plus en plus touchées par Ebola
- redacteur3.0
- septembre 14, 2026
- Santé, Sécurité
- Ebola RDC, épidémie 2026, femmes enceintes, Ituri, mortalité néonatale, Noémie Delmonte, santé maternelle, Sud-Ubangi, UNFPA, virus Bundibugyo
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En République démocratique du Congo, le Fonds des Nations unies pour la population souligne que les femmes sont désormais les plus touchées par la dix-septième épidémie d’Ebola, déclarée par les autorités en mai 2026. « Elles sont les premières à donner des soins à des malades dans la famille, dans la communauté, mais aussi dans les formations sanitaires », souligne Noémie Delmonte, représentante adjointe de l’UNFPA en RDC, qui met aussi en lumière les conséquences pour la santé maternelle.
En RDC, le gouvernement estime que l’épidémie d’Ebola déclarée depuis le 15 mai est désormais sous contrôle. Elle touche sept des 26 provinces que compte le pays. Selon le dernier bilan des autorités, 7 022 cas ont été enregistrés, avec 80 nouveaux cas pour la seule journée du 10 septembre. 3 398 personnes sont décédées, tandis que 837 patients sont actuellement pris en charge dans les structures de santé.
Une épidémie qui touche de plus en plus les femmes
Cette épidémie a changé de visage depuis son apparition dans la zone minière de Mongwalu, en Ituri. Si les hommes représentaient initialement la majorité des cas, la courbe s’est inversée selon l’UNFPA. Noémie Delmonte explique que les femmes, étant les premières personnes à donner des soins aux malades dans la famille, la communauté et les formations sanitaires, sont davantage exposées à la contamination. Les chiffres montrent non seulement une hausse des cas féminins, mais également une augmentation du nombre de femmes enceintes touchées.
Une mortalité néonatale importante
Selon les données recueillies, 84 des 134 femmes enceintes admises dans dix centres de traitement d’Ebola sont décédées depuis le début de l’épidémie. Parmi ces cas, on dénombre 38 fausses couches, 15 décès fœtaux in utero et 22 naissances prématurées. Au-delà du danger pour la vie des mères, la maladie complique fortement la grossesse, entraînant une mortalité néonatale importante.
Un système de santé maternelle bouleversé
Cette épidémie bouleverse également le suivi des soins de santé maternelle dans les zones concernées. En Ituri, les données des formations sanitaires entre mai et juillet montrent une baisse des consultations prénatales allant jusqu’à 30 %, une diminution similaire de 32 % pour les accouchements assistés, et une baisse de 45 % pour les traitements des complications de grossesse par rapport à la même période l’année précédente.
Une peur des femmes envers les services de santé
Selon Noémie Delmonte, cette baisse s’explique en partie par une certaine peur des femmes envers les services de santé, ce qui constitue selon elle l’une des raisons principales de la diminution du recours à ces services. Elle souligne l’importance de restaurer la confiance des communautés, l’absence de suivi prénatal étant l’une des premières causes de mortalité maternelle, empêchant la détection de signes de danger pouvant compliquer une grossesse.
La RDC a déclaré mi-mai sa dix-septième épidémie d’Ebola, une maladie qui a déjà tué plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des cinquante dernières années. Partie de la province de l’Ituri, l’épidémie actuelle touche des régions de l’est et du nord du pays, et s’est étendue la semaine précédente à une septième province, le Sud-Ubangi, frontalière de la Centrafrique et du Congo-Brazzaville. Plusieurs traitements et vaccins sont actuellement à l’essai contre le virus Bundibugyo, pour lequel aucun remède homologué n’existe à ce jour.

