Ouagadougou dénonce les propos de Christophe Gomart au Parlement européen

Les autorités burkinabè ont vivement réagi aux déclarations du député européen français Christophe Gomart sur la situation politique et sécuritaire du Burkina Faso. L’ambassadeur de l’Union européenne à Ouagadougou a été convoqué le lundi 22 juin par le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, qui a dénoncé des propos jugés inexacts et assimilés à une ingérence dans les affaires internes du pays.

Cette réaction fait suite à une intervention de Christophe Gomart devant le Parlement européen, le 17 juin dernier, lors d’un débat consacré à la situation des libertés fondamentales au Burkina Faso. Selon Ouagadougou, les critiques formulées par l’eurodéputé ne reflètent pas la réalité du terrain ni les efforts déployés par les autorités dans la lutte contre l’insécurité.

Le chef de la diplomatie burkinabè estime que certaines déclarations relayées au sein de l’institution européenne véhiculent une image erronée du pays et ignorent les défis auxquels il fait face. Il a également rappelé l’engagement du Burkina Faso, aux côtés du Mali et du Niger, dans la lutte contre les groupes armés à travers le cadre de coopération mis en place par la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Pour les autorités burkinabè, l’intervention de Christophe Gomart s’inscrit dans un contexte marqué par des tensions croissantes entre certains partenaires occidentaux et les pays de l’AES. Depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022, Ouagadougou a adopté une politique davantage axée sur la souveraineté nationale et la diversification de ses partenariats internationaux.

Ancien général de l’armée française devenu député européen, Christophe Gomart occupe également des responsabilités au sein des commissions chargées des questions de défense et de politique étrangère au Parlement européen. Son profil alimente les critiques de ceux qui voient dans ses déclarations une volonté d’influencer les choix politiques des autorités burkinabè.

Malgré cette nouvelle controverse, le gouvernement burkinabè affirme rester ouvert à la coopération avec ses partenaires internationaux, à condition que celle-ci repose sur le respect mutuel, la souveraineté des États et le principe de non-ingérence.

Cette affaire intervient alors que les pays de l’AES poursuivent leur rapprochement politique et militaire. Face à la persistance de l’insécurité dans plusieurs régions du Sahel, le Burkina Faso, le Mali et le Niger entendent renforcer leur coordination afin de faire face aux défis sécuritaires communs qui menacent la stabilité de la région.

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