ONU : Macky Sall défend sa candidature au secrétariat général

L’ancien président sénégalais Macky Sall a présenté jeudi 23 juillet sa vision devant l’Assemblée générale des Nations unies à New York, aux côtés des cinq autres candidats au poste de secrétaire général. Seul Africain en lice, il a mis en avant son expérience de médiateur et son projet de réforme de l’organisation. Antonio Guterres quittera ses fonctions le 1er janvier 2027 au terme de deux mandats.

Pendant 90 minutes, les six candidats ont répondu à des questions tirées au sort et soumises par des États membres, des employés de l’ONU et des représentants de la société civile. Outre Macky Sall, la Chilienne Michelle Bachelet, l’Équatorienne Maria Fernanda Espinosa, l’Argentin Rafael Grossi, la Costaricaine Rebeca Grynspan et la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett étaient en lice. Aucun favori ne s’est encore dégagé dans une course où la tradition informelle de rotation régionale pourrait favoriser une candidature latino-américaine ou caribéenne.

Soutenu officiellement par le Sénégal depuis lundi, Macky Sall a placé la médiation et l’impartialité au cœur de son projet. « Le secrétaire général doit pouvoir, avec toute l’autorité requise, parler aux principaux belligérants », a-t-il déclaré, se présentant comme « un bâtisseur constant de ponts entre les pays ». Il a cité son expérience à la tête de l’Union africaine lors de la guerre en Ukraine pour illustrer sa capacité à dialoguer avec toutes les parties, y compris en contexte de fortes tensions.

Sur la réforme de l’organisation, l’ancien chef d’État sénégalais a promis d’accélérer la transition numérique de l’ONU face aux défis de l’intelligence artificielle et de rationaliser son fonctionnement. « Il nous faut réinterroger nos méthodes de travail. Nous avons 40 000 mandats aujourd’hui qui ont été activés, plus de 27 000 réunions annuelles. L’impact doit être prouvé », a-t-il affirmé. Sur la crise financière de l’organisation, il a estimé qu’elle cachait une « crise de confiance » plus profonde et s’est engagé, s’il était élu, à ouvrir les comptes de l’ONU aux États membres et à soumettre ses propositions de réforme budgétaire à leur examen.

Il a également défendu une réforme de l’architecture financière internationale, dénonçant le coût de l’endettement pour les pays en développement, qui « s’endettent cinq à huit fois plus cher que les pays développés ». À noter qu’au Sénégal, ses successeurs l’accusent d’avoir dissimulé une dette de près de 7 milliards de dollars à la fin de son mandat présidentiel.

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