Nigeria : 37 mineurs présumés illégaux meurent en détention
- redacteur3.0
- septembre 18, 2026
- Afrique
- État du Niger, extraction d'or, mineurs illégaux, Minna, Nigeria, NSCDC, trafic minier
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Le gouvernement de l’État du Niger, situé dans le centre du Nigeria, a annoncé que 37 personnes soupçonnées d’être des mineurs illégaux étaient mortes tôt jeudi matin alors qu’elles étaient détenues par la Défense civile de cet État.
« Ce matin, nous avons appris à notre réveil qu’environ 37 personnes étaient décédées alors qu’elles étaient détenues par la Défense civile ici, à Minna », a déclaré le gouverneur de l’État du Niger, Mohammed Umaru Bago, lors d’une conférence de presse organisée dans la capitale de l’État. Il a annoncé la mise en place d’une commission d’enquête sur ces décès qui, selon un rapport de renseignement consulté par l’AFP, seraient dus à la surpopulation et à une ventilation insuffisante au sein d’un centre de détention.
Une enquête déjà ouverte par la police
La police avait précédemment annoncé l’ouverture d’une enquête sur la mort de dizaines de ces mineurs présumés illégaux pendant leur détention dans des locaux du Corps de sécurité et de défense civile du Nigeria (NSCDC), une structure qui épaule la police pour assurer la sécurité et protéger les actifs nationaux sensibles et les infrastructures. Le gouverneur a décrété trois jours de deuil et reporté le début de la campagne électorale en vue des élections présidentielle, législatives et sénatoriales prévues en janvier.
L’État du Niger, grand comme plus de deux fois la Belgique, est riche en ressources minérales et attire des milliers de mineurs artisanaux, qui extraient majoritairement de l’or.
Des manifestations dans la capitale régionale
La Défense civile avait déclaré avoir appréhendé des dizaines de mineurs présumés illégaux mardi et mercredi, avant que, dans la nuit du 17 septembre, des dizaines de suspects détenus ne soient retrouvés morts, à la suite d’une suspicion de flambée de maladie. Une vidéo mise en ligne montre les corps de dizaines de jeunes hommes gisant au sol en extérieur, semblant pour la plupart être des adolescents, examinés par des volontaires tandis que des femmes cherchent parmi eux des proches.
Ces décès ont déclenché des manifestations de groupes de mineurs et de sympathisants dans la capitale régionale, Minna, où des voitures ont notamment été saccagées.
Un trafic d’or alimentant la violence
La lutte pour les bénéfices de l’extraction illégale de l’or alimente également la violence de gangs criminels dans l’État du Niger, selon des responsables locaux et des experts. Ces gangs rackettent les mineurs et exigent une part de l’or extrait pour leur laisser l’accès aux sites d’extraction. La majeure partie de l’or illégalement extrait est transférée aux Émirats arabes unis, avant d’être introduite sur le marché mondial de l’or en Europe, aux États-Unis, en Asie et en Afrique du Sud, selon un rapport de 2024 de l’ONG SwissAid.
Le sol de l’État du Niger est également riche en cuivre et en lithium, une ressource fortement demandée pour le développement des véhicules électriques et de l’énergie propre.

