Mondial : Les ambitions commerciales d’Infantino inquiètent
- redacteur3.0
- juillet 29, 2026
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La stratégie de Gianni Infantino pour développer les revenus de la FIFA suscite de nouvelles critiques. Selon le Times, le président de l’instance mondiale travaillerait sur un projet permettant à des investisseurs privés d’acquérir des parts des compétitions de la FIFA, dont la Coupe du monde.
Cette initiative pourrait marquer une nouvelle étape dans la transformation économique du football. Les 211 fédérations membres de la FIFA pourraient notamment se voir attribuer des participations dans la future structure, qu’elles auraient ensuite la possibilité de conserver ou de revendre. Pour ses détracteurs, le projet fait craindre une concentration toujours plus importante des grandes compétitions aux États-Unis et une transformation du football en produit de divertissement destiné à maximiser les recettes.
Le Mondial 2026 a déjà illustré cette évolution. La compétition a été marquée par plusieurs controverses, notamment les difficultés d’accès au territoire américain pour certains supporters et l’arbitre somalien Omar Artan, mais aussi par l’intervention de Donald Trump dans le dossier disciplinaire de l’attaquant américain Folarin Balogun. La finale a également suscité des interrogations avec une mi-temps prolongée à 27 minutes pour permettre l’organisation d’un spectacle inspiré du Super Bowl. Pour certains observateurs, ce type de décision témoigne d’une volonté d’adapter progressivement le football aux codes du divertissement américain.
Des investisseurs proches de l’administration Trump auraient par ailleurs participé aux discussions autour du projet, parmi lesquels Joshua Kushner, frère de Jared Kushner. La possibilité de voir davantage de compétitions de la FIFA organisées aux États-Unis est également évoquée. Gianni Infantino assume pourtant cette orientation. Dans un communiqué publié lundi, le président de la FIFA a rejeté les critiques visant son action, dénonçant notamment « la haine et de fausses rumeurs » à son encontre. Il a défendu le bilan du Mondial 2026 et insisté sur le rôle du football comme facteur de rapprochement entre les peuples.
Mais pour ses opposants, la réussite sportive du Mondial ne doit pas servir à masquer les interrogations sur son modèle économique. Ils estiment que l’émotion, les performances des joueurs et la beauté du jeu ne doivent pas être sacrifiées au profit d’une logique de rentabilité permanente. Cette nouvelle structure pourrait également offrir à Gianni Infantino une rémunération dépassant 60 millions de dollars par an s’il devenait le dirigeant de l’entité chargée de contrôler les Coupes du monde masculine et féminine ainsi que le Mondial des clubs.
Le projet devra désormais convaincre les fédérations nationales. Leur soutien pourrait être déterminant pour permettre à Gianni Infantino de poursuivre sa transformation du modèle économique du football mondial.

