Maroc: Les salaires sous 10 000 DH bientôt exonérés d’impôts

Le Maroc prépare une réforme importante de l’impôt sur le revenu. Fouzi Lekjaa, ministre de l’Économie et des Finances, a confirmé l’exonération des salaires nets mensuels inférieurs à 10 000 dirhams. La mesure doit être mise en œuvre progressivement à partir de 2027.

Le gouvernement marocain veut alléger la pression fiscale sur les revenus salariaux. Présentant le projet de loi de finances 2027 devant le Parlement, Fouzi Lekjaa a confirmé une réforme destinée à augmenter le nombre de contribuables exonérés de l’impôt sur le revenu (IR). La mesure phare concerne les salaires nets mensuels inférieurs à 10 000 dirhams. Les personnes répondant à ce critère doivent bénéficier d’une exonération, selon les modalités prévues par la réforme.

Le dispositif doit être déployé progressivement entre 2027 et 2031. Il s’inscrit dans une révision plus large du barème fiscal marocain. La réforme prévoit de faire passer le seuil annuel du revenu net exonéré de 40 000 à 60 000 dirhams. Cette évolution doit permettre à davantage de salariés de sortir du champ de l’impôt sur le revenu. Le changement concerne particulièrement les contribuables dont les revenus se situent dans les tranches inférieures et intermédiaires du barème actuel.

Pour ces travailleurs, une exonération peut se traduire par une augmentation du revenu disponible, sous réserve des autres prélèvements et des modalités d’application. Le gouvernement entend ainsi renforcer le pouvoir d’achat des ménages et améliorer la progressivité de l’impôt. Il s’agit également de revoir la répartition de la charge fiscale entre les différentes catégories de revenus.

Un barème fiscal simplifié

La réforme prévoit aussi une réduction du nombre de tranches imposables, qui passeront de cinq à trois. Les taux progressifs annoncés seront de 10 %, 20 % et 30 %. Le taux marginal maximal doit ainsi diminuer, passant de 37 % à 30 %. Cette modification vise à rendre le barème plus lisible et à alléger l’imposition des revenus concernés. Le taux marginal correspond au taux appliqué à la dernière tranche de revenu imposable. Il ne signifie donc pas que l’intégralité du salaire est taxée à ce taux.

Cette distinction est importante pour comprendre les effets réels de la réforme sur la rémunération nette des salariés. Selon les estimations présentées par les autorités, la proportion de contribuables exonérés de l’IR pourrait atteindre 87 % après la mise en œuvre de la réforme.

Quel gain pour les salariés ?

Le gouvernement estime que le gain mensuel pourrait atteindre environ 500 dirhams en 2027 pour la majorité des salariés concernés. Cette estimation reste indicative. Le gain effectif dépendra notamment du niveau de revenu, de la situation fiscale du contribuable et de l’application précise du nouveau barème.

Pour les ménages, une réduction de l’impôt peut contribuer à financer certaines dépenses courantes, notamment l’alimentation, le logement, le transport et la scolarité. À l’échelle nationale, l’augmentation du revenu disponible peut également soutenir la consommation intérieure. Les effets économiques dépendront toutefois de l’évolution des prix, des revenus et des autres charges supportées par les ménages. La réforme représente donc un levier potentiel pour le pouvoir d’achat, sans garantir une amélioration identique pour tous les salariés. L’allègement fiscal aura également des conséquences pour les finances publiques.

Le coût budgétaire de la réforme est estimé à 5,5 milliards de dirhams. Cette dépense fiscale correspond aux recettes auxquelles l’État renoncerait en appliquant les nouvelles dispositions. Le défi consiste à concilier l’amélioration du revenu disponible des ménages avec les besoins de financement des services publics et des investissements. Le calendrier progressif, prévu entre 2027 et 2031, doit permettre de déployer les changements selon les modalités retenues par les autorités. Les textes budgétaires et fiscaux préciseront les conditions définitives de mise en œuvre.

Une réforme attendue par les contribuables

Avec cette annonce, le gouvernement marocain affiche sa volonté d’alléger l’impôt sur le revenu et de revoir le barème salarial. L’exonération annoncée pour les salaires nets mensuels inférieurs à 10 000 dirhams constitue la mesure la plus visible du dispositif. Son efficacité sera toutefois évaluée à travers les gains réellement perçus par les salariés et les effets sur leur pouvoir d’achat. Le suivi des recettes publiques sera également important pour apprécier la soutenabilité de la réforme. L’enjeu est désormais de transformer l’annonce en dispositions applicables, puis de mesurer leurs effets sur les ménages marocains.

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