Maroc : La croissance économique atteint 4,1 % au troisième trimestre 2026

L’économie marocaine a progressé de 4,1 % au troisième trimestre 2026, selon le dernier point de conjoncture du Haut-Commissariat au Plan (HCP). Cette évolution repose principalement sur la forte progression de l’activité agricole et sur la croissance des services. 

La croissance de l’économie marocaine s’est établie à 4,1 % en glissement annuel au troisième trimestre 2026. Publiée mercredi 14 octobre, l’évaluation du Haut-Commissariat au Plan met en évidence une activité économique qui résiste aux pressions, notamment celles liées au prolongement du choc énergétique. Cette performance reste toutefois contrastée selon les secteurs. L’agriculture et les services ont soutenu la croissance, alors que les activités secondaires ont poursuivi leur repli. Les échanges extérieurs et le coût des équipements importés ont également pesé sur certaines composantes de l’activité.

L’agriculture et les services en soutien

L’agriculture a constitué le principal moteur de la croissance au cours du trimestre. D’après les estimations du HCP, le secteur a enregistré une progression annuelle de 19,9 %. Cette hausse a contribué à soutenir l’offre nationale et à compenser en partie les difficultés observées dans d’autres branches de l’économie.

Les services ont également participé à cette dynamique, avec une croissance de 3,9 %. Les activités liées à l’hébergement et à la restauration ont notamment contribué à cette évolution, aux côtés des services non marchands et financiers. À l’inverse, les activités secondaires ont reculé de 1,9 % en variation annuelle. Le HCP relève cependant des évolutions différentes selon les branches industrielles. Les industries alimentaires, l’automobile et la fabrication de matériel électrique ont montré une meilleure résistance, tandis que le textile, la chimie, le caoutchouc et l’électronique sont restés en retrait. Ces résultats montrent que la progression globale de l’économie ne se traduit pas de manière uniforme dans l’ensemble du tissu productif marocain.

Consommation et investissement : des évolutions contrastées

La consommation des ménages a progressé de 4,1 % au troisième trimestre. Cette évolution s’est accompagnée d’un léger recul des prix, estimé à 0,3 % dans les données présentées par le HCP. Les prix n’ont toutefois pas évolué de la même manière selon les catégories de produits. Les prix non alimentaires ont augmenté de 2,4 %, notamment sous l’effet de la composante énergétique, tandis que les prix alimentaires ont diminué de 3,6 %. Le HCP relève notamment le recul de certains produits, dont le poulet, les légumes, les œufs et l’huile d’olive. Du côté de l’investissement, les entreprises ont continué d’ajuster leurs dépenses face au renchérissement des équipements importés et des intrants de construction. Les projets d’infrastructure ont néanmoins soutenu l’activité. La formation brute de capital a ainsi progressé de 6,2 % en variation annuelle.

Les échanges extérieurs ont également connu un ralentissement. Les exportations ont augmenté de 6,2 %, tandis que le ralentissement des importations a contribué à réduire la contribution négative du commerce extérieur à la croissance, évaluée à -1,2 point. Au total, la croissance de 4,1 % traduit une dynamique économique soutenue par l’agriculture et les services, mais marquée par des fragilités industrielles et des pressions sur les coûts. L’évolution des prix de l’énergie, de la demande intérieure et des activités secondaires restera déterminante pour apprécier la solidité de cette trajectoire au cours des prochains mois.

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