Liban : Beyrouth accuse Israël d’entraver le déploiement de son armée dans le sud

Le président libanais Joseph Aoun a condamné lundi 27 juillet la poursuite des destructions menées par Israël dans le sud du Liban, une semaine après le lancement du dispositif expérimental des « zones-pilotes ». Ces violations du cessez-le-feu entravent le déploiement de l’armée libanaise et font peser une menace sur l’accord-cadre conclu en juin sous l’égide des États-Unis.

Reçu à Beyrouth le Haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, le chef de l’État libanais a dénoncé « une violation directe des droits humains et une atteinte manifeste aux lois et aux normes internationales ». Selon lui, le dynamitage de maisons et la destruction de villages dans le sud du pays risquent de compromettre l’application de l’accord-cadre islamo-israélien. La position du président rejoint celle de l’armée libanaise, qui avait condamné dimanche 26 juillet la poursuite des tirs et des destructions par les troupes israéliennes. L’institution militaire a estimé que ces violations l’empêchent de mener à bien son déploiement dans les zones qu’elle est censée contrôler.

Sur le terrain, les forces israéliennes ont intensifié ces derniers jours la destruction aux explosifs et aux bulldozers de maisons, de stations de pompage d’eau et de bâtiments publics et privés dans plusieurs localités du sud du Liban. Des tirs d’artillerie et des ratissages à la mitrailleuse lourde ont également été signalés dans des régions situées en dehors de la zone tampon de facto.

Quelque 400 000 habitants d’une soixantaine de villes et villages, répartis sur une bande de 600 kilomètres carrés, ne sont toujours pas autorisés à rentrer chez eux. L’accord prévoit le déploiement de l’armée libanaise dans des zones évacuées par Israël, sous réserve du désarmement du Hezbollah pro-iranien, qui occupe toujours une partie du territoire sud-libanais.

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