Le Tchad annonce son retrait de la Cour pénale internationale
- redacteur3.0
- juillet 27, 2026
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Le gouvernement tchadien a notifié lundi 27 juillet sa décision de se retirer du Statut de Rome, traité fondateur de la Cour pénale internationale (CPI). N’Djaména justifie cette démarche par un bilan qu’il juge insuffisant et dénonce une juridiction marquée par une « sélectivité indéniable » dans le traitement des affaires.
Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères indique avoir officiellement informé le secrétaire général des Nations unies de cette décision, conformément à l’article 127 du Statut de Rome. Le gouvernement tchadien qualifie ce retrait de « décision souveraine », prise à l’issue d’un examen du fonctionnement de la juridiction depuis sa création en 2002.
Selon N’Djaména, le bilan de la CPI « est demeuré limité et à géométrie variable au regard des attentes qui avaient présidé à sa création ». Les autorités tchadiennes pointent notamment la concentration des activités judiciaires de la Cour sur le continent africain. S’appuyant sur les données de la CPI arrêtées au 11 mai 2026, elles relèvent que sept personnes seulement sont détenues par la juridiction, dont six poursuivies dans des affaires africaines. Les premières enquêtes de la Cour ont en effet principalement visé des pays comme l’Ouganda, la RDC, le Soudan, la République centrafricaine, le Kenya, la Libye, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Burundi. Cette annonce intervient quelques semaines après la visite au Tchad de la procureure adjointe de la CPI, Nazhat Shameem Khan, et fait suite aux décisions similaires prises récemment par le Niger, le Burkina Faso et le Mali, membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Créée en 2002 et basée à La Haye, la CPI est chargée de poursuivre les auteurs présumés de génocide, de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et de crime d’agression. Avant le Tchad, seuls le Burundi en 2017 et les Philippines en 2019 avaient mené à terme leur retrait de la juridiction.

