CPI : Fatou Bensouda raconte les pressions de Trump
- redacteur3.0
- octobre 28, 2026
- Actualités, Monde
- Afghanistan, Cour pénale internationale, CPI, donald trump, Fatou Bensouda, Gambie, justice internationale, sanctions américaines
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L’ancienne procureure de la Cour pénale internationale affirme avoir subi des humiliations et des intimidations sous la première administration de Donald Trump. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, la magistrate gambienne revient sur les sanctions américaines liées aux enquêtes sensibles conduites par son bureau. Elle affirme être restée déterminée malgré les pressions exercées contre elle.
Fatou Bensouda lève le voile sur les difficultés rencontrées pendant son mandat à la tête du Bureau du procureur de la Cour pénale internationale (CPI). Dans un entretien rapporté par Africaho le 27 octobre 2026, l’ancienne magistrate décrit les conséquences personnelles et professionnelles des mesures prises contre elle par les autorités américaines.
Des sanctions et des humiliations dénoncées
À la tête du Bureau du procureur de la CPI entre 2012 et 2021, Fatou Bensouda a supervisé plusieurs enquêtes sensibles. Parmi les dossiers concernés figuraient des investigations portant sur de présumés crimes commis en Afghanistan et dans les territoires palestiniens. Ces procédures ont provoqué des tensions avec Washington, notamment sous la première administration de Donald Trump. En 2020, les États-Unis ont imposé des sanctions à la magistrate gambienne. Ces mesures comprenaient notamment le gel de ses avoirs et des restrictions de déplacement. L’ancienne procureure affirme également avoir subi des contrôles humiliants lors de certains déplacements aux États-Unis.
« Quand je descendais, on m’escortait comme une criminelle », rapporte-t-elle dans les propos relayés par Africaho. Elle décrit des situations au cours desquelles des agents l’accompagnaient vers des salles réservées aux voyageurs confrontés à des difficultés liées à leur visa. Les sanctions américaines auraient également compliqué plusieurs opérations financières courantes. Fatou Bensouda évoque des difficultés liées à l’accès à certains services et aux conséquences du gel de ses avoirs. Elle rapporte par ailleurs des mouvements suspects autour de son domicile aux Pays-Bas. Ces événements auraient nourri ses inquiétudes concernant la sécurité de sa famille. Selon son témoignage, certains de ses proches l’auraient encouragée à abandonner ses fonctions face aux risques et aux pressions. Elle affirme néanmoins avoir poursuivi son travail malgré ces difficultés.
Un bras de fer autour de l’indépendance judiciaire
Cette affaire illustre les tensions entre la CPI et les États-Unis autour de la compétence de la juridiction internationale. Washington contestait notamment certaines enquêtes susceptibles de viser des ressortissants américains. Les sanctions imposées à Fatou Bensouda ont ainsi soulevé des interrogations sur les pressions politiques exercées contre une institution judiciaire internationale. Elles ont également mis en lumière les difficultés auxquelles peuvent être confrontés les magistrats chargés d’enquêter sur des affaires sensibles. Les mesures prises contre l’ancienne procureure ont finalement été levées en avril 2021, sous la présidence de Joe Biden. Depuis 2022, Fatou Bensouda exerce les fonctions de haut-commissaire de la Gambie au Royaume-Uni. Son témoignage remet aujourd’hui en lumière un épisode marquant des relations entre Washington et la justice pénale internationale.

