Ceuta : Au moins 15 morts, l’armée déployée face à un afflux migratoire sans précédent

Au moins quinze migrants sont morts en tentant de rejoindre à la nage l’enclave espagnole de Ceuta depuis le Maroc. Plus de 1 500 personnes ont franchi illégalement la frontière cette semaine, submergeant les capacités d’accueil locales. L’Espagne a annoncé le déploiement de soldats pour renforcer la Garde civile, tandis qu’une crise diplomatique s’ouvre avec l’Italie.

Le centre d’accueil temporaire des immigrés de Ceuta, d’une capacité maximale de 500 places, est complètement saturé. Des centaines de personnes dorment à même la route, des camps improvisés ont été dressés à travers la ville et les files d’attente s’allongent. Le chef du gouvernement local, Juan Jesus Vivas, a qualifié la situation d’« extrêmement grave », précisant que « les centres d’accueil sont tous bondés ». Plus de 600 sauvetages en mer ont été effectués ces derniers jours par la Garde civile, les services de secours maritime et la Croix-Rouge.

Le ministère espagnol de l’Intérieur a annoncé que les forces armées renforceront « la Garde civile dans l’exercice de ses compétences et celles qui pourraient s’avérer nécessaires pour maintenir la sécurité » à Ceuta. Des centaines de personnes continuaient jeudi soir de converger vers la ville de Fnideq, dans le nord du Maroc, après des rumeurs d’ouverture de la frontière circulant sur les réseaux sociaux. Parmi elles, des mineurs, certains empruntant des chemins secondaires pour éviter les barrages de la gendarmerie. Ces événements interviennent alors que le Maroc célèbre la Fête du Trône. Le roi Mohammed VI présidait jeudi la réception officielle traditionnelle dans la ville de M’diq, à une vingtaine de kilomètres de Fnideq.

Sur le plan diplomatique, l’Italie a durci le ton. La Première ministre Giorgia Meloni s’est dite prête à activer « des mesures exceptionnelles », incluant « la suspension de l’accord de Schengen avec l’Espagne ». Son vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a estimé que la campagne de régularisation de plus de 500 000 migrants sans papiers lancée par Madrid « encourage le trafic d’êtres humains ».

Madrid a vivement réagi. Le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares a dénoncé la « démagogie partisane » de Rome, convoqué l’ambassadeur d’Italie en Espagne et appelé à une « solidarité européenne » plutôt qu’à des postures politiques. Le ministre de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska a de son côté assuré que « les autorités font face avec les moyens déjà déployés sur place ».

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