Burkina Faso : L’union des étudiants suspendue pour avoir critiqué le régime militaire

Le gouvernement burkinabè a suspendu pour trois mois l’Union générale des étudiants burkinabè, officiellement pour apologie du terrorisme. La décision a été prise par le ministre de l’Administration territoriale, Emile Zerbo, par arrêté ministériel, et s’accompagne de l’ouverture d’une enquête judiciaire par le parquet.

Le motif de la sanction remonte à un message publié par l’organisation à l’occasion du 36e anniversaire de l’assassinat de l’étudiant Dabo Boukary. Dans ce texte, l’UGEB avait critiqué l’incapacité du régime militaire du MPSR II à rétablir la sécurité près de quatre ans après sa prise du pouvoir, pointant une recrudescence des attaques terroristes en dépit des livraisons de matériels militaires. L’organisation avait notamment relevé le contraste entre ces résultats et les déclarations initiales du chef de la junte, qui avait promis de mettre fin à la guerre en trois mois.

Le Procureur du Faso a ouvert une enquête, estimant que ces déclarations sont constitutives d’apologie du terrorisme et d’entreprise de démoralisation des forces de défense et de sécurité. Les auteurs du message sont activement recherchés. Au Burkina Faso, l’apologie publique d’actes de terrorisme est passible d’un à dix ans d’emprisonnement et d’une amende pouvant atteindre dix millions de francs CFA. Le pays a par ailleurs instauré depuis plusieurs mois la pratique d’envoyer au front des journalistes, personnalités et acteurs politiques jugés peu coopératifs.

Isaac HOUSSOU

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