Bénin : Le premier Sénat officiellement installé

Le Bénin a franchi une nouvelle étape de son évolution institutionnelle avec l’installation officielle du Sénat, jeudi 30 juillet 2026. Réunis au siège de l’Assemblée nationale à Porto-Novo, les 25 membres de cette nouvelle chambre parlementaire ont prêté serment lors d’une cérémonie solennelle présidée par l’ancienne présidente de la Cour constitutionnelle, Elisabeth Pognon.

Elle a dirigé les travaux en remplacement de l’ancien président de la République, Nicéphore Dieudonné Soglo, empêché pour des raisons de santé. La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs hautes autorités de l’État, des membres du gouvernement, des présidents d’institutions et de nombreuses personnalités.

Une réforme issue des révisions constitutionnelles

Dans son allocution, Elisabeth Pognon est revenue sur les principales réformes institutionnelles engagées ces dernières années. Elle a rappelé que la Constitution de 1990 a été révisée en 2019 puis en 2025, cette dernière modification ayant consacré la création du Sénat. Selon elle, cette seconde chambre vient renforcer l’architecture institutionnelle du pays et répondre à la nécessité d’améliorer le fonctionnement des institutions de la République.

Un rôle clé dans la vie politique et législative

La présidente de séance a souligné que le Sénat aura une mission différente de celle de la Cour constitutionnelle. Alors que cette dernière veille essentiellement au respect de la Constitution et au règlement des contentieux juridiques, le Sénat est appelé à intervenir dans la régulation de la vie politique. L’institution devra notamment contribuer à la préservation de l’unité nationale, de la démocratie, de la paix, de la sécurité publique ainsi qu’au renforcement de l’État de droit. La Constitution lui confère également le pouvoir de prononcer, dans certains cas, des sanctions de suspension ou de retrait des droits politiques et civiques à l’encontre d’acteurs politiques ayant porté atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation. Le président de la République, le président de l’Assemblée nationale et le président du Conseil économique et social ne sont toutefois pas concernés par cette disposition.

Sur le plan législatif, Elisabeth Pognon a rappelé que certaines catégories de textes, notamment les lois constitutionnelles, électorales et celles relatives aux partis politiques, devront désormais obtenir un avis de non-objection du Sénat avant leur promulgation.

Une institution composée de 25 membres

Revenant sur la composition de cette première mandature, Elisabeth Pognon a précisé que le Sénat rassemble des membres de droit et des membres désignés. Les membres de droit comprennent notamment les anciens présidents de la République élus, les anciens présidents de la Cour constitutionnelle ayant accompli au moins la moitié de leur mandat ainsi que les anciens présidents de l’Assemblée nationale. À leurs côtés siègent des personnalités désignées en raison de leur expérience, notamment d’anciens responsables des Forces de défense et de sécurité nommés par le président de la République, ainsi que d’autres membres désignés conjointement par le chef de l’État et le président de l’Assemblée nationale afin de compléter l’effectif de 25 sénateurs.

« Gagner la confiance des citoyens »

S’adressant aux premiers sénateurs de l’histoire du Bénin, Elisabeth Pognon a insisté sur la responsabilité qui leur incombe dans un contexte où cette nouvelle institution suscite encore des interrogations au sein de l’opinion publique. Elle les a exhortés à faire preuve d’impartialité, de mesure et de responsabilité dans l’exercice de leurs fonctions afin de démontrer l’utilité du Sénat, de renforcer la confiance des citoyens et de contribuer durablement à la consolidation de l’unité nationale et de l’État de droit.

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