Angola : L’adoption de la loi sur la cybersécurité par le Parlement inquiète
- redacteur3.0
- août 17, 2026
- Actualités
- 0 Comments
L’Assemblée nationale angolaise a adopté mercredi 12 août une loi sur la cybersécurité par 104 voix favorables du MPLA au pouvoir contre 56 votes de l’Unita dans l’opposition. Ce texte suscite l’inquiétude d’une partie de la société civile, qui y voit un outil potentiel de surveillance des citoyens, à un an de l’élection présidentielle.
Le vote intervient dans un contexte particulier. Fin juillet, le principal opérateur téléphonique du pays, Unitel, avait subi une cyberattaque massive au moment de son entrée en bourse, perturbant son réseau pendant plusieurs jours et affectant des millions de clients. Le MPLA défend cette loi comme un moyen de mieux traquer et sanctionner les auteurs de cybercrimes.
Mais l’Unita et des acteurs de la société civile expriment de vives réserves. Le texte impose aux opérateurs téléphoniques de transmettre aux autorités « toute communication au contenu criminel ou qui porte atteinte à la sécurité de l’État ». Une formulation jugée trop vague par le juriste Eduardo Chipilica, qui souligne que la diffusion d’un appel à manifester pourrait, par exemple, être considérée comme un contenu menaçant et entraîner la transmission des données personnelles de son auteur aux autorités.
La question centrale est donc de savoir jusqu’où pourra s’étendre l’accès aux données personnelles des utilisateurs et dans quelles circonstances elles pourront être communiquées.
Cette loi sur la cybersécurité intervient quelques jours seulement après l’entrée en vigueur, début août, d’une loi sur les fausses informations, qui prévoit jusqu’à dix ans de prison pour toute personne publiant sur internet une « fausse information ».

