Afrique du Sud : La crise xénophobe provoque le départ de 150 000 migrants et fragilise l’agriculture
- redacteur3.0
- juillet 23, 2026
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Plus de 150 000 ressortissants étrangers auraient quitté l’Afrique du Sud depuis le début de la nouvelle vague de violences xénophobes qui secoue le pays, selon les données de plusieurs États africains. Au moins quatre morts ont été enregistrés, selon les autorités sud-africaines. Dans certaines exploitations agricoles, ces départs massifs commencent à provoquer des pénuries de main-d’œuvre.
Le KwaZulu-Natal, région la plus touchée par les manifestations anti-immigration, commence à en ressentir les conséquences économiques. Lloyd Hadebe, président adjoint de l’Association des agriculteurs (Afasa) de la région, tire la sonnette d’alarme. « Il y a déjà des situations de pénurie de main-d’œuvre dans les exploitations de canne à sucre, par exemple, car ce sont des secteurs qui nécessitent une main-d’œuvre physique presque quotidiennement », a-t-il déclaré, précisant que les chiffres précis sont encore en cours d’évaluation.
Les étrangers sont accusés par les manifestants de tous les maux de la société sud-africaine, alors qu’ils ne représentent que 5% de la population. Le chômage, lui, dépasse les 30% dans le pays. Cette situation alimente un débat complexe, entre accusations faites aux agriculteurs d’engager des immigrés en situation irrégulière pour réduire les coûts salariaux, et dénonciation d’un système d’immigration défaillant et gangréné par la corruption.
Pour Lloyd Hadebe, la solution passe par un dialogue avec le gouvernement afin de renforcer les lois sur l’immigration et de régulariser la situation des travailleurs étrangers remplissant les conditions requises, mettant fin aux longs délais administratifs qui les maintiennent dans l’illégalité.
Plusieurs syndicats de travailleurs, dont la Safatu et la Cosatu, abondent dans ce sens. Ils estiment que « les frustrations des communautés locales doivent être résolues en réparant l’économie », et non en faisant des migrants des boucs émissaires pour des échecs dont ils ne sont pas responsables.

