PLF 2027 : Lekjaa précise les mesures économiques et sociales

Le projet de loi de finances 2027 continue de susciter des interrogations au Parlement marocain. Face aux députés, Fouzi Lekjaa a apporté plusieurs précisions sur les principales mesures gouvernementales. Fiscalité, retraites, aides sociales et prix de l’électricité figurent parmi les dossiers abordés.

Le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, a répondu vendredi 30 octobre aux préoccupations des membres de la Commission des finances et du développement économique de la Chambre des représentants. Les échanges ont notamment porté sur les engagements économiques et sociaux du gouvernement. L’Exécutif entend mobiliser plusieurs milliards de dirhams pour soutenir les ménages, renforcer les services publics et réduire certaines inégalités. Parmi les principales annonces figure la réforme de l’impôt sur le revenu. Selon les explications du ministre, le nouveau dispositif pourrait porter à 87 % la proportion de salariés exonérés de cet impôt, contre environ 80 % actuellement.

Cette évolution repose notamment sur le relèvement du seuil annuel de revenu imposable exonéré à 60 000 dirhams. Le plafond de déduction des frais professionnels doit également atteindre 45 %. Le gouvernement souhaite ainsi alléger la pression fiscale sur les salariés, particulièrement ceux appartenant à la classe moyenne.

Les retraites et les aides sociales revalorisées

Le dossier des pensions de retraite a également occupé une place importante dans les discussions. Fouzi Lekjaa a confirmé une progression programmée de la pension minimale. Celle-ci passera à 1 700 dirhams mensuels en 2027. Elle atteindra ensuite 2 000 dirhams en 2028, 2 500 dirhams en 2029 et 3 000 dirhams en 2030. Les pensions de réversion destinées aux veuves bénéficieront également d’une amélioration. Leur taux doit passer de 50 % à 100 % de la pension du conjoint décédé, selon les régimes concernés. Concernant l’aide sociale directe, le montant minimal mensuel passera de 500 à 600 dirhams en janvier 2027. Le gouvernement prévoit une progression graduelle pour atteindre 1 000 dirhams à l’horizon de la fin du mandat.

Le ministre a aussi annoncé des corrections du système d’évaluation des ménages. Certaines dépenses ponctuelles, comme les recharges téléphoniques, peuvent actuellement pénaliser des familles modestes dans le calcul de leur éligibilité. Les factures d’électricité ont également fait l’objet d’éclaircissements. Le gouvernement prévoit une prise en charge pour les consommateurs dont la facture mensuelle ne dépasse pas 100 dirhams. Sur les quelque six millions d’abonnés concernés, 29 % correspondent à des logements vacants, saisonniers ou à des résidences secondaires. Ces derniers ne bénéficieront pas de cette mesure.

Le ministre a par ailleurs abordé la question des prix alimentaires. Le gouvernement envisage une réorganisation des circuits de commercialisation des produits agricoles. Douze marchés de gros sont notamment concernés par une réforme de leur fonctionnement. L’objectif consiste à réduire les coûts d’intermédiation entre les producteurs et les consommateurs. Les exportations agricoles feront également l’objet d’un meilleur encadrement. L’Exécutif souhaite préserver les débouchés internationaux tout en garantissant l’approvisionnement du marché national.

Une croissance de 3,7 % attendue en 2027

Au-delà des mesures sociales, Fouzi Lekjaa a défendu les principales hypothèses économiques retenues dans le PLF 2027. Le gouvernement table sur une croissance de 3,7 % pour l’année prochaine. Les recettes fiscales devraient atteindre environ 423 milliards de dirhams, contre près de 386 milliards attendus en 2026. Le ministre a également présenté une nouvelle orientation concernant le suivi des dépenses publiques. Une structure spécialisée doit permettre de rapprocher les données budgétaires, comptables et celles relatives aux marchés publics. L’objectif est de mieux contrôler l’exécution des politiques publiques et de détecter les retards dans la réalisation des projets. Ces précisions permettent de mieux comprendre les priorités du premier budget du gouvernement de Fatima-Ezzahra El Mansouri. Le PLF 2027 devra désormais poursuivre son parcours parlementaire avant son adoption définitive.

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