RDC : Tshisekedi formalise la première étape du dialogue national
- redacteur3.0
- septembre 14, 2026
- Actualités, Afrique
- Comité d'organisation, Constitution RDC, dialogue national, Félix Tshisekedi, Joseph Kabila, Kinshasa, Martin Fayulu, Moïse Katumbi, opposition congolaise, RDC
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Le chef de l’État congolais a signé une ordonnance créant un comité chargé de préparer la mise en place d’un dialogue national en RDC, dimanche 13 septembre. Reste que le texte place la structure sous l’autorité directe du président, ce dont ses opposants ne veulent pas entendre parler.
En République démocratique du Congo, le président Félix Tshisekedi a signé dimanche une ordonnance portant création du Comité d’organisation du dialogue national. Ce texte ne convoque pas encore le dialogue en question, mais institue la structure chargée d’en jeter les premiers jalons, avec pour mission de définir les paramètres fondamentaux de l’événement et d’identifier ses besoins financiers, techniques, logistiques et sécuritaires, afin de proposer au chef de l’État les options nécessaires à la création de sa commission préparatoire.
Une structure placée sous l’autorité directe du président
Si Félix Tshisekedi ne dirigeait pas lui-même les réunions de ce comité, l’instance resterait placée sous son autorité directe : il nommera le coordonnateur, son adjoint et les membres du comité, pourra les relever de leurs fonctions, et désignera les onze experts de son secrétariat technique. La structure recevra ses orientations du directeur de cabinet du président, à qui elle devra rendre compte de ses travaux via des notes d’étape, des briefings ou des rapports, tandis que les modalités de communication publique seront arrêtées par le chef de l’État lui-même.
Une opposition qui dénonce un rôle de « juge et partie »
Si l’ordonnance ne précise ni la composition du comité, ni les critères de participation, ni son calendrier, ni même les thèmes du dialogue, elle n’a pas tardé à faire réagir l’opposition. Son architecture rejoint une mise en garde déjà formulée par cette dernière : le pouvoir, lui-même partie prenante au processus, ne devrait pas pouvoir en fixer le cadre et en contrôler les préparatifs.
Dans le camp de l’ancien président Joseph Kabila, on considère cette ordonnance comme la preuve que le chef de l’État ne veut pas réellement d’un dialogue pour la paix, Ferdinand Kambere, du PPRD, qualifiant sa signature de « non-événement ». Dans les rangs de la coalition C64, Ensemble pour la République (EPR), le parti de Moïse Katumbi, parle d’un « pétard mouillé » susceptible de renforcer la mobilisation prévue mardi 15 septembre contre tout changement de Constitution. Le secrétaire général d’EPR, Dieudonné Bolengetenge, a affirmé que la mobilisation se poursuivait, la défense de l’ordre constitutionnel restant la priorité.
« Nous ne voulons pas d’un cirque »
La coalition Lamuka de Martin Fayulu partage cette position. Son porte-parole, Prince Epenge, estime que cette ordonnance vise à démobiliser les Congolais et réaffirme la volonté de la C64 d’obtenir un dialogue véritablement inclusif, capable de mettre fin à la guerre et de permettre la tenue d’élections en 2028, plutôt qu’un simulacre.
Interrogé sur cette ordonnance, Paul Nsapu, président de la Commission congolaise des droits de l’homme, s’est montré moins incisif, estimant que ce débat relève avant tout du champ politique. Il plaide pour que les négociations se déroulent dans la paix, sans violence ni incitation à la violence, et a assuré que sa commission veillerait et dénoncerait tout abus constaté.

