Ouganda : Le pétrole coulera d’ici fin 2026
- redacteur3.0
- septembre 3, 2026
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Les autorités ougandaises ont annoncé le début de l’extraction pétrolière pour la fin de l’année 2026, à l’occasion d’une cérémonie tenue sur le site de Kingfisher. Le chef de l’État a profité de l’événement pour baptiser le futur brut national, avec un objectif affiché de deux milliards de dollars de revenus annuels au plus fort de la production.
La cérémonie s’est tenue mercredi 2 septembre 2026 sur le site exploité par l’entreprise chinoise CNOOC, au bord du lac Albert, dans l’ouest du pays. La production démarrera avec 28 000 barils extraits chaque jour, avant d’atteindre 40 000 barils quotidiens en pleine capacité, grâce à une trentaine de puits forés par l’entreprise chinoise.
Une étape symbolique pour Museveni
Le président de CNOOC en Ouganda, Liu Xiangdong, a salué l’entrée du projet Kingfisher dans sa phase finale, remerciant le président Yoweri Museveni pour son soutien constant tout au long du projet. Ce dernier avait posé la première pierre du pipeline il y a près de dix ans, promettant alors une exportation dès 2020.
Cette cérémonie marque donc, avec plusieurs années de retard, une étape symbolique pour le chef de l’État, matérialisée par le nom donné à la future production : Pearl Sweet, en référence au surnom du pays, « la perle de l’Afrique », et à la faible teneur en soufre du pétrole extrait.
Des critiques persistantes sur l’impact humain et environnemental
La ministre de l’Énergie a insisté sur le soin extrême apporté aux opérations pour éviter toute pollution. Le projet pétrolier ougandais fait pourtant l’objet de critiques constantes de la part d’organisations environnementales et de la société civile, notamment concernant les dédommagements versés aux près de 20 000 foyers déplacés par le pipeline.
Juliette Renaud, coordinatrice de l’ONG Les Amis de la Terre France, dénonce une opération de communication masquant une réalité bien plus dure pour les plus de 100 000 personnes ayant perdu leurs terres et leurs moyens de subsistance, certains travailleurs du secteur signalant eux-mêmes des atteintes répétées à leurs droits.
TotalEnergies visé par une procédure judiciaire
Le volet Tilanga du projet, mené par TotalEnergies et représentant l’essentiel du volume produit, aurait atteint environ 75 % d’avancement. Plus de 100 puits doivent à terme être creusés dans le parc naturel des Murchison Falls.
Une procédure judiciaire est en cours devant le Tribunal judiciaire de Paris. Une première plainte, portée par cinq ONG françaises et ougandaises, a été jugée irrecevable. Une deuxième action, lancée en juin 2023 par six ONG et 26 plaignants, vise à engager la responsabilité de TotalEnergies et à obtenir réparation pour les expropriations et manquements aux droits humains allégués ce que l’entreprise dément, revendiquant un programme d’acquisition foncière conforme aux meilleurs standards internationaux. La justice a déjà contraint le groupe à transmettre les documents nécessaires à l’évaluation des préjudices. La prochaine audience est attendue au premier semestre 2027.

