Niger : Des dizaines de soldats arrêtés après la mutinerie

Le calme est revenu à Niamey au lendemain d’une mutinerie menée par des soldats des Forces spéciales. Les militaires rebelles avaient tenté de s’emparer de plusieurs sites stratégiques, notamment le palais présidentiel et la télévision nationale, avant de se retrancher dans la base 101, située près de l’aéroport international. Les forces loyalistes ont repris le contrôle de la situation et procédé à de nombreuses arrestations.

Dimanche 30 août, la capitale nigérienne restait fortement sécurisée. Des pick-up équipés de mitrailleuses et des barrières de sécurité bloquaient plusieurs axes, tandis que les accès à la présidence étaient filtrés. Des contrôles étaient également effectués aux différents points d’entrée de Niamey.

Après plusieurs heures de négociations, une partie des mutins avait accepté de se rendre samedi. Les autres ont été délogés en début de soirée lors d’un assaut mené par la garde présidentielle du général Abdourahamane Tiani, avec le soutien de véhicules blindés et, selon RFI, l’appui des forces russes d’Africa Corps, qui auraient notamment utilisé des drones. La télévision nationale a diffusé samedi soir des images montrant plusieurs dizaines de militaires capturés, certains blessés. Près d’une centaine d’hommes apparaissaient alignés, à genoux, parmi lesquels figuraient également des femmes. Les autorités n’ont cependant fourni aucune information précise sur leur identité, leurs grades ou les circonstances des affrontements.

Dans la nuit, les forces de sécurité ont poursuivi les opérations de contrôle et procédé à de nouvelles interpellations. Au moins dix personnes supplémentaires auraient été arrêtées, selon le correspondant régional de RFI, Serge Daniel. Aucun bilan officiel des morts et des blessés n’a encore été communiqué par les autorités nigériennes.

Le gouvernement avait initialement présenté les événements comme un simple « mouvement d’humeur » de soldats en rupture avec le règlement militaire. Mais les éléments disponibles montrent une opération plus structurée. Les mutins étaient principalement de jeunes officiers issus des Forces spéciales, l’une des unités d’élite de l’armée nigérienne, certains étant venus de régions comme Tillabéri et Dosso.

Ces militaires sont engagés en première ligne dans la lutte contre les groupes jihadistes, notamment l’État islamique et le Jnim. Ils participent notamment aux opérations antiterroristes « Niya » et « Almahaou » dans la zone des trois frontières entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso. Pour plusieurs analystes, dont Bakary Sambe, directeur du Timbuktu Institute, cette mutinerie pourrait être liée aux frustrations accumulées au sein de ces unités face aux lourdes pertes enregistrées par l’armée nigérienne dans les combats contre les groupes jihadistes ces derniers mois.

La Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), réunissant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, a de son côté dénoncé une « entreprise de déstabilisation » et une « trahison » menée par un groupe de soldats. Selon l’organisation, cette tentative a finalement été « contenue et mise en échec » grâce à l’action des forces loyalistes.

Alors que Niamey retrouve progressivement son calme, les autorités n’ont toujours pas communiqué officiellement sur l’ampleur de la mutinerie, le nombre exact d’arrestations ni le bilan humain des affrontements.

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