RDC : La lutte contre Ebola freinée par les violences et le manque d’ambulances

En République démocratique du Congo, l’épidémie d’Ebola a franchi le cap des 2 300 morts. La riposte sanitaire est désormais menacée par des violences contre les équipes de terrain, des résistances communautaires et un manque criant de moyens, notamment d’ambulances. Les Nations unies tirent la sonnette d’alarme.

Dimanche 17 août, à Aru, en province de l’Ituri, des jeunes locaux ont attaqué une équipe de riposte qui tentait de récupérer deux cas suspects d’Ebola à l’hôpital de Kandoy. L’hôpital a été saccagé, une ambulance totalement incendiée et le chauffeur grièvement blessé, actuellement dans le coma. Les deux cas suspects et d’autres malades se sont volatilisés lors de l’incident. « Nous avons failli être lynchés », a témoigné le docteur Tumba Cleophas, médecin-chef de la zone de santé de Biringi.

Deux jours plus tôt, le 15 août, sur les 171 « rings » attendus en Ituri, seuls 21 avaient effectivement pu être ouverts. Un « ring » désigne une intervention organisée autour d’un cas d’Ebola pour décontaminer les lieux concernés. Le même jour, un enterrement digne et sécurisé n’a pas pu être réalisé à Epulu-Zunguluka pour des raisons de sécurité.

Les difficultés ne se limitent pas à l’Ituri. Dans le Haut-Uélé, un infirmier a été agressé dans la zone de santé de Gombari. À Tuluba, dans la zone de santé d’Isiro, un corps a été emporté par la communauté avant qu’un prélèvement puisse être effectué.

À ces incidents s’ajoute le manque de véhicules disponibles. Deux ambulances sont en panne en Ituri, cinq seulement sont opérationnelles au Nord-Kivu et dix supplémentaires sont réclamées dans le Haut-Uélé. Julien Harneis, coordinateur principal d’Ebola pour les Nations unies, a souligné que ces véhicules sont « déjà trop peu nombreux » et que les endommager « prive les communautés d’un service vital ».

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