RDC : La riposte contre Ebola chiffrée à 940 millions de dollars

Le coût de la riposte contre l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) atteint désormais 940 millions de dollars, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce nouveau montant couvre non seulement la lutte contre le virus, mais aussi le maintien des services essentiels de santé.

Initialement prévu pour trois mois, le premier plan national de riposte avait été évalué à 240 millions de dollars. Le nouveau dispositif, encore en cours de finalisation, change donc considérablement d’échelle.

Dans le même temps, plusieurs partenaires internationaux annoncent des financements importants. Les États-Unis ont notamment annoncé 242 millions de dollars supplémentaires, portant à 512 millions leurs engagements pour la réponse à Ebola et la préparation. Ces fonds doivent notamment soutenir la surveillance, le suivi des contacts, les diagnostics et les traitements pendant plusieurs mois.

Toutefois, ces financements ne transitent pas tous par les mêmes circuits. Washington prévoit ainsi de gérer ses contributions à travers ses propres mécanismes et opérateurs, ce qui limite la visibilité de l’OMS sur leur répartition.

Kinshasa réclame une meilleure coordination

Face à cette multiplication des financements, les autorités congolaises souhaitent renforcer la coordination de l’aide internationale. Le ministre de la Santé défend le principe d’« un seul plan, un seul budget, une seule coordination ». Le président Félix Tshisekedi a demandé une cartographie des différents donateurs et de leurs activités afin d’avoir une meilleure visibilité sur les ressources mobilisées pour la riposte.

Selon Anne Ancia, représentante de l’OMS en RDC, le gouvernement souhaite également recevoir davantage de financements directement afin de pouvoir notamment prendre en charge les salaires des médecins et des infirmiers. L’enjeu ne concerne donc pas uniquement la mobilisation de l’argent. Il s’agit également de déterminer qui finance quoi, qui dépense les fonds et par quels circuits, alors que les besoins de la riposte continuent d’augmenter.

L’OMS vise six mois pour interrompre l’épidémie

Parallèlement à ces difficultés financières et organisationnelles, l’OMS espère endiguer la progression de l’épidémie dans les prochains mois. L’organisation prévoit un horizon de trois mois pour inverser la tendance et de six mois pour interrompre la transmission, tout en avertissant qu’un scénario plus défavorable pourrait prolonger l’épidémie jusqu’à neuf ou douze mois.

La situation reste notamment préoccupante dans certaines zones de l’Ituri, où le pic épidémique n’a pas encore été atteint. À Bunia et dans le Grand Bunia, les autorités sanitaires continuent de renforcer la réponse face à une propagation jugée particulièrement rapide.

L’OMS insiste également sur l’importance de l’implication des communautés. Pour les acteurs de la riposte, l’adhésion de la population sera déterminante pour éviter que l’épidémie ne s’installe durablement.

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