Climat : El Niño pourrait coûter jusqu’à 20 milliards de dollars à l’Afrique, alerte la BAD
- redacteur3.0
- juillet 28, 2026
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La Banque africaine de développement (BAD) tire la sonnette d’alarme sur l’impact économique du phénomène El Niño sur le continent africain. Selon ses estimations, les pertes pourraient atteindre 20 milliards de dollars, tandis que les besoins de financement pour l’adaptation climatique devraient doubler pour atteindre 100 milliards de dollars.
Selon Anthony Nyong, responsable climat à la BAD, El Niño devrait réduire le PIB des pays touchés de 1 à 2%, soit « environ 10 à 20 milliards de dollars à l’échelle du continent ». Les conséquences attendues sont multiples : infrastructures détruites, cultures ravagées, flambée des prix alimentaires et migrations massives de populations.
Sur le plan agricole, les pertes sont déjà estimées à 330 millions de dollars pour l’année 2026. La productivité de la pêche devrait reculer de 1 à 4% en raison du réchauffement des eaux et des tempêtes. Le prix du maïs, lui, pourrait doubler. La compétition pour les pâturages et l’accès à l’eau risque par ailleurs d’exacerber les tensions dans les régions les plus fragiles. Le Soudan, le Soudan du Sud, la RDC, la Somalie, le Mali, le Burundi et le Nigeria figurent parmi les pays susceptibles de subir les répercussions humanitaires les plus graves.
La BAD alerte également sur ce qu’elle qualifie de « piège du financement climatique ». Faute de ressources suffisantes pour faire face aux crises, les gouvernements sont contraints de ponctionner leurs budgets de la santé, de l’éducation et des infrastructures pour absorber les coûts du changement climatique. Aux 50 milliards de dollars déjà nécessaires pour l’adaptation climatique en 2026 s’ajouteraient 20 à 30 milliards supplémentaires pour faire face à El Niño.
Le phénomène, amorcé il y a un mois, pourrait être l’un des plus puissants jamais observés. Son pic d’intensité est attendu fin 2026 et début 2027. Il s’accompagne généralement de graves sécheresses en Afrique australe et de l’Ouest et d’inondations en Afrique de l’Est.
La BAD prévoit de réunir ses équipes en septembre pour une évaluation approfondie et se dit prête à restructurer des projets existants et à mobiliser un soutien multilatéral supplémentaire, notamment auprès du Fonds vert pour le climat.

