Afrique du Sud : Près de 300 Ghanéens rapatriés
- redacteur3.0
- mai 27, 2026
- Afrique
- 0 Comments
Un premier vol de rapatriement a décollé tôt dans la matinée du mercredi 27 mai, emportant près de 300 ressortissants ghanéens qui avaient choisi de quitter l’Afrique du Sud face à la recrudescence des tensions xénophobes selon RFI. Le vol a été organisé par les autorités d’Accra, après que plus de 800 demandes de rapatriement ont été déposées à l’ambassade du Ghana à Pretoria, dont la cour a été transformée en centre d’enregistrement.
Sur le trottoir devant l’ambassade, Comfort veillait sur ses bagages avant d’être transférée à l’aéroport avec sa famille. Cette ancienne coiffeuse résume l’état d’esprit de nombreux compatriotes : « J’ai peur, l’Afrique du Sud c’est trop pour moi, je veux rentrer à la maison. » Mustapha, 36 ans, chauffeur à Pretoria depuis 2013 et père d’un enfant de trois ans, a lui aussi décidé de partir. Témoin de longue date des cycles de violences xénophobes, il confie avoir pris sa décision pour protéger sa famille.
La décision de partir a été précipitée par la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant un Ghanéen pris à partie dans la rue par des militants. Un autre habitant prénommé Ben alerte sur la situation de ceux qui n’ont pas encore pu partir : des Ghanéens cloîtrés chez eux depuis trois semaines, incapables de travailler ou d’envoyer leurs enfants à l’école.
Le Haut-commissaire ghanéen Benjamin Quashie a tenu à nuancer la situation administrative des rapatriés : sur les 300 premiers enregistrés, près de la moitié séjournent légalement en Afrique du Sud, et parmi le reste, environ 60% avaient soumis leurs documents pour renouvellement sans avoir obtenu de réponse des autorités. S’il reconnaît des défaillances institutionnelles, il dénonce néanmoins la méthode employée pour y répondre.
Beaucoup redoutent l’ultimatum du 30 juin lancé par les organisations qui manifestent contre l’immigration illégale, craignant que des violences ne s’ensuivent. Le chef de la diplomatie sud-africaine a mis en garde contre les fausses informations, rappelant qu’aucun Ghanéen n’a été tué lors des récentes manifestations. De son côté, le secrétaire général de l’ANC a évoqué mardi l’idée d’instaurer des quotas migratoires et mis en garde les entreprises qui emploient des étrangers en situation irrégulière. Environ 16 000 Ghanéens vivent actuellement en Afrique du Sud.
Isaac HOUSSOU

