Tensions transfrontalières : Le Soudan accuse l’Éthiopie d’appuyer les paramilitaires
- redacteur3.0
- mars 28, 2026
- Sécurité
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La chute de la ville stratégique d’al-Kurmuk, dans l’État du Nil Bleu, marque une escalade majeure. Alors que les Forces de soutien rapide (FSR) célèbrent leur victoire, le gouvernement soudanais dénonce une « invasion » orchestrée depuis le territoire éthiopien.
Ce 24 mars, les paramilitaires des FSR, épaulés par les rebelles du SPLP-N d’Abdelaziz el Hilu, ont pris le contrôle d’al-Kurmuk, une localité située au sud-est du pays. Face à cette poussée commencée le 22 mars, l’armée régulière soudanaise a été contrainte de se replier vers sa base arrière à Damazin.
L’enjeu n’est pas seulement symbolique : al-Kurmuk est un verrou stratégique. Située en hauteur, elle contrôle les routes vers l’État de Sinnar et se trouve à proximité immédiate du bassin du barrage Roseires, une zone riche en ressources hydriques.
Pour les autorités locales, cette défaite n’est pas le fruit d’une force purement interne. Le gouverneur du Nil Bleu, Abdelatty al-Faki, est catégorique :« Ces combattants sont soutenus par l’Éthiopie. C’est une invasion. »
Selon un communiqué officiel, les forces assaillantes seraient parties de l’intérieur du territoire éthiopien, utilisant notamment des véhicules militaires venus de l’aéroport d’Arosa. Un officier soudanais affirme même avoir capturé 75 combattants d’une unité du SPLP-N (groupe 147) ayant traversé la frontière pour mener l’assaut.
Les accusations de Khartoum s’appuient sur des éléments matériels de plus en plus documentés Des sources vérifiées font état d’un camp d’entraînement situé dans la région éthiopienne de Benishangul-Gumuz. Des analyses d’images satellites montrent des travaux d’aménagement récents sur la base de Menge et l’aéroport voisin. Des comptes spécialisés en renseignement (OSINT) signalent des atterrissages fréquents d’avions-cargos en provenance des Émirats arabes unis dans cette zone, malgré les démentis officiels.
Pendant que les diplomates s’écharpent à l’ONU où l’Égypte a relayé l’existence de ces camps d’entraînement la population civile paie le prix fort. Des milliers de personnes fuient les combats vers Damazin, tandis que d’autres traversent la frontière vers l’Éthiopie dans un climat de chaos total.
Si l’Éthiopie continue de nier servir de base arrière aux FSR, la prise d’al-Kurmuk change radicalement le rapport de force dans la région, menaçant désormais l’accès aux ressources naturelles et la stabilité de tout le sud-est soudanais.
Secondine GOZINGAN

