Justice : Paris juge 22 francs – maçon

C’est un dossier hors norme qui s’est ouvert ce lundi devant la cour d’assises de Paris. Durant trois mois et demi, la justice va se pencher sur les activités de la loge Athanor, une cellule maçonnique des Hauts-de-Seine devenue, selon l’accusation, le centre névralgique d’une véritable officine de « barbouzeries ».

Au cœur de ce procès, l’idée d’une dérive sectaire et criminelle au sein d’une institution d’ordinaire discrète. Ce qui ne devait être qu’un lieu de réflexion philosophique s’est transformé en une structure de commanditaires. Sur le banc des accusés,22 personnes se font face, illustrant la mixité inquiétante de ce réseau : anciens agents de la DGSE, membres des forces de l’ordre et francs-maçons.

Le dossier « Athanor » ne se limite pas à de simples intimidations. La justice reproche aux accusés une multitude de faits graves, s’étalant sur plusieurs années :Surveillance illégale de chefs d’entreprise; d’agressions ciblées ;Tentatives de meurtre, dont celle d’une coach en entreprise au Blanc-Mesnil ;L’assassinat d’un pilote de course, point d’orgue de cette spirale de violence.

Pendant près de quatorze semaines, la cour devra démêler les fils d’une organisation où les services de renseignement ont croisé le fer avec des intérêts privés. L’enjeu est double : punir les coupables, mais aussi comprendre comment une telle « entreprise de services criminels » a pu prospérer dans l’ombre d’une loge maçonnique sans être détectée plus tôt.

22 accusés, des centaines de témoins et plus de 100 jours d’audience pour faire la lumière sur l’un des dossiers les plus sombres de la criminalité organisée « en col blanc » de ces dernières années. Ce procès, suivi de près par les observateurs du monde du renseignement et de la justice, promet de révéler les coulisses d’un monde où la fraternité a laissé place à la loi du sang.

Secondine GOZINGAN 

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