Enfants ukrainiens déportés : l’ONU accuse Moscou de « crimes contre l’humanité »
- redacteur3.0
- mars 11, 2026
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Dans un rapport accablant publié ce mardi 10 mars à Genève, une commission d’enquête internationale de l’ONU pointe la responsabilité directe du sommet de l’État russe dans le transfert forcé de milliers d’enfants. Ces actes, qualifiés de crimes contre l’humanité, s’accompagnent de dénonciations sur les conditions de détention et l’absence de procès équitables.
La Commission d’enquête internationale indépendante sur l’Ukraine ne mâche pas ses mots. Selon ses conclusions, les autorités russes ont mis en place une politique conçue « au plus haut niveau de l’appareil d’État » pour organiser la déportation et entraver le retour des mineurs ukrainiens. Le rapport confirme l’implication « directe » du président Vladimir Poutine, déjà visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale depuis 2023 pour ces mêmes faits. Si la commission a formellement documenté l’expulsion de 1 205 enfants, elle estime que des milliers d’autres ont été transférés depuis les zones occupées vers la Russie. Kiev, de son côté, avance le chiffre de 20 000 enfants emmenés de force.
Pour justifier ces déplacements, Moscou invoque des raisons de sécurité ou de santé. Un argument balayé par les enquêteurs onusiens ; Absence de retour :Dans 80 % des cas examinés, les enfants ne sont jamais rentrés chez eux.
Obstacles volontaires :Les proches ne sont pas informés et les procédures de rapatriement sont délibérément retardées; Acculturation :Le rapport souligne que la priorité est donnée aux adoptions et aux placements de longue durée, forçant les enfants à grandir dans un « environnement étranger », parfois à des milliers de kilomètres de leurs racines. « Les mesures prises n’ont pas été guidées par l’intérêt supérieur de l’enfant, violant ainsi le droit international humanitaire »,souligne la commission.
Au-delà du sort des mineurs, le rapport dénonce un système judiciaire arbitraire dans les zones occupées. Les civils et prisonniers de guerre sont privés de procès équitables, tandis que l’usage de preuves fabriquées ou obtenues sous la torture est documenté. Le mépris de la dignité humaine semble s’étendre jusqu’au sein même de l’armée russe. Des déserteurs ont témoigné de violences extrêmes infligées par leurs propres commandants.
Réagissant à ces conclusions, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga, a appelé sur le réseau social X à « mettre fin à l’impunité dont jouit la Russie ». Bien que le rapport exprime également des préoccupations concernant certaines dérives de la mobilisation en Ukraine (notamment envers les objecteurs de conscience), l’essentiel de la charge pèse sur Moscou. La commission présentera officiellement son rapport ce jeudi devant la 61e session du Conseil des droits de l’homme à Genève.
Secondine GOZINGAN

