Burundi: Un dépôt de munitions explose à Bujumbura

Un incendie d’origine électrique a provoqué des détonations en série mardi soir dans un camp militaire de la capitale économique burundaise. L’incident a plongé la population dans une vive inquiétude, ravivant les craintes d’instabilité politique. La soirée du mardi 31 mars a été marquée par le chaos à Bujumbura. Aux alentours de 19 h, heure locale, un incendie s’est déclaré dans le magasin de munitions de la Force de défense nationale du Burundi (FDNB), situé dans le camp militaire de Musaga, au sud de la ville.

Selon le porte-parole de l’armée, le colonel Gaspard Baratuza, le sinistre serait dû à un « grave accident électrique ». Très rapidement, les flammes ont atteint les stocks d’armement, déclenchant des explosions en chaîne dont le souffle a été ressenti à plusieurs kilomètres à la ronde. L’ampleur du sinistre a été capturée par de nombreux témoins. Un immense champignon de fumée a surplombé la ville à la tombée de la nuit, tandis que des projectiles enflammés retombaient sur les quartiers résidentiels environnants.

« Ce sont des munitions qui brûlent. Ça nous envoie des bombes ! Chez moi, les vitres ont déjà explosé », a confié un habitant du quartier de Gasekebuye à l’AFP. Face à la violence des déflagrations, de nombreux habitants ont abandonné leurs foyers. L’organisation SOS Médias Burundi a rapporté des mouvements de fuite massifs, soulignant la dangerosité de la zone qui regroupe au moins trois installations militaires distinctes.

Dans un pays marqué par une histoire politique tumultueuse, l’incertitude initiale a laissé place à des rumeurs de putsch. L’atterrissage d’un engin près du siège de la radio nationale a particulièrement alimenté la psychose avant que les autorités ne clarifient la situation. Le colonel Baratuza a appelé la population à « rester sereine » et à éviter les zones proches de l’incident pendant l’intervention des services de secours.

Cet incident survient alors que le Burundi traverse une période particulièrement difficile  Classé pays le plus pauvre du monde par la Banque mondiale en 2023, il subit une pénurie de carburant paralysante depuis trois ans. Sous la présidence d’Évariste Ndayishimiye depuis 2020, le pays reste sous la forte influence des généraux, malgré quelques signes d’ouverture diplomatique. Les ONG et l’ONU continuent de dénoncer un contrôle étroit du pouvoir et des atteintes régulières aux libertés fondamentales. L’explosion du dépôt de Musaga vient fragiliser un climat social déjà éprouvé par la précarité et l’incertitude politique.

Secondine GOZINGAN

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