Artémis II: Les astronautes ont battu le record de distance dans l’espace et survolé la face cachée de la Lune
- redacteur3.0
- avril 7, 2026
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- 110 kilomètres de la surface lunaire, la mission Artemis II, Soleil derrière la Lune
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Comme leurs prédécesseurs d’Apollo 8, les quatre astronautes de la mission Artémis II ont survolé lundi 6 avril la face de la Lune qui n’est pas visible depuis la Terre, mais à une altitude bien supérieure qui leur a permis de la voir dans sa totalité. Comme prévu, l’événement a donné lieu à une brève coupure des communications entre la capsule Orion et la NASA. Auparavant, ces derniers étaient devenus les humains à s’aventurer le plus loin dans l’espace, à plus de 400 171 kilomètres de la Terre. Les astronautes doivent à présent voir dans les heures à venir une éclipse solaire – une disparition du Soleil derrière la Lune.
Avant cela, les quatre membres de l’équipage avaient à tour de rôle décrit la vue plein cadre de la Lune s’offrant à eux. « On remarque quelque chose que je n’avais jamais vu sur des photos auparavant, mais qui est très notable ici : tous ces cratères récents qui sont vraiment brillants », a dépeint Christina Koch, exploratrice chevronnée qui entre dans les livres d’histoire comme la première femme à survoler la Lune. « On dirait en fait un abat-jour percé de minuscules trous par lesquels la lumière passe. Ils sont très brillants par rapport au reste de la Lune », a-t-elle noté.
Le Canadien Jeremy Hansen a pour sa part rapporté voir des ombres vertes et marron à la surface lunaire. « Ces teintes verdâtres pourraient nous renseigner sur l’évolution volcanique de cette région », a expliqué Kelsey Young, responsable scientifique de la mission lors de la retransmission du survol. Tous ces éléments pourraient aider les scientifiques à mieux comprendre la géologie et l’histoire de l’astre.
Ballon de basket
Si les quatre astronautes de la mission Artémis II ne se sont pas posés sur la Lune, leur survol n’en demeure pas moins historique car il s’agit du premier réalisé par une femme, un astronaute noir et un non-Américain, toutes les missions Apollo (1968-1972) ayant emmené exclusivement des hommes blancs américains. Contrairement à leurs prédécesseurs qui étaient passés à une altitude d’environ 110 kilomètres de la surface lunaire, eux en restent bien plus loin, à environ 6 500 kilomètres au plus proche. De là, la Lune leur apparaît comme un ballon de basket tenu à bout de bras, une distance qui leur donne plus de perspective, et leur permet de voir des régions qui n’ont jamais été directement vues par l’Homme. Si les pionniers d’Apollo avaient survolé la face cachée de la Lune, celle qui n’est pas visible depuis la Terre, ils n’en avaient vu qu’une partie car ils étaient trop proches du sol.
Sept heures d’observation de la surface lunaire: le témoignage des astronautes
Les internautes du monde entier ont donc pu assister à cette scène: il est 23h24 en temps universel (TU). Cela fait quarante minutes que la Lune empêche les communications entre les astronautes et la NASA quand la voix de Christina Koch à bord de la capsule retentit: « Houston, nous vous recevons aussi. Et ça fait tellement plaisir d’avoir de nouveau des nouvelles de la Terre ! À l’Asie, à l’Afrique et à l’Océanie : nous avons entendu dire que si vous levez les yeux, vous pouvez voir la Lune en ce moment même. Nous vous voyons aussi ! »
En quelques heures, les quatre astronautes ont admiré un coucher, puis un lever de Terre. Et surtout ils sont restés collés aux hublots de leur vaisseau pour décrire et photographier la face cachée de la Lune. Comme le site Mare Orientale, un cratère de 965 kilomètres de large et vieux de 3,8 milliards d’années. Le commandant d’Artemis II, Reid Wiseman, subjugué : « Nous avons découvert des sites que nul être humain n’avait jamais vus auparavant. Et cela a été incroyable pour nous ! Et là on sort d’une éclipse solaire ! La vue était incroyable : cette Lune noire juste devant nos fenêtres et entourée de la couronne solaire. »
Donald Trump a tenu à féliciter l’équipage de vive voix : « Aujourd’hui, vous êtes entrés dans l’histoire et vous avez rendu toute l’Amérique incroyablement fière. Vous, les quatre courageux astronautes d’Artemis II, vous êtes véritablement les pionniers de notre époque ! Vous tous ! ». La capsule a maintenant remis cap sur la Terre où elle est attendue le vendredi 10 avril au soir. Pendant une brève coupure prévue des communications – un silence radio de 40 minutes – lié à leur passage derrière la Lune, les Américains Christina Koch, Victor Glover, Reid Wiseman et le Canadien Jeremy Hansen ont assisté à un coucher et à un lever de Terre. Un spectacle rarissime qu’ils comptaient immortaliser comme l’avaient fait en 1968 leurs prédécesseurs d’Apollo 8 – les premiers à avoir tourné autour de la Lune – dans un cliché qui a bouleversé notre vision du monde.
« En allumant les moteurs vers la Lune, j’ai dit que nous ne quittions pas la Terre, et c’est vrai », a déclaré l’astronaute Christina Koch, en reprenant le contact. « Nous serons sources d’inspiration, mais nous choisirons toujours la Terre », a-t-elle ensuite ajouté. « Rendez-vous de l’autre côté », avait pour sa part lancé avant la coupure le pilote Victor Glover, le premier astronaute noir à participer à une mission lunaire, qui a partagé un message d’amour universel, citant sa foi.
Samuel Richard KAKPO

