Maroc : Près de 3 milliards de dirhams pour les imams

Le ministère marocain des Habous et des Affaires islamiques a mobilisé 2,94 milliards de dirhams en 2026. Cette enveloppe doit rémunérer plus de 77 000 personnels religieux. Elle accompagne aussi des programmes de formation et de protection sociale.

Au Maroc, le soutien aux personnels chargés de l’encadrement religieux représente un engagement financier important. Pour l’année 2026, le ministère des Habous et des Affaires islamiques a réservé 2,94 milliards de dirhams aux indemnités de plus de 77 000 imams, muezzins et autres préposés religieux. L’annonce a été faite par le ministre Ahmed Taoufiq devant la Chambre des représentants. Cette enveloppe illustre la place accordée à l’organisation du culte musulman dans les politiques publiques du Royaume.

Les imams au cœur d’un dispositif de formation

Au-delà de leur rémunération, les personnels religieux bénéficient de programmes de formation et de mise à niveau. Près de 48 000 imams ont ainsi participé au dispositif « Mithaq Al Oulama ». Celui-ci mobilise 1 427 oulémas pour accompagner leur formation. Une enveloppe de 109,5 millions de dirhams a été consacrée à ce programme. Le ministère prévoit également des formations continues pour plusieurs milliers d’imams, de prédicateurs et de muezzins.

Les outils numériques occupent désormais une place dans cet accompagnement. Des modules consacrés à l’intelligence artificielle et à la communication numérique ont notamment été proposés à 150 imams et mourchidates. L’effort financier concerne aussi les conditions de vie des personnels religieux. Plus de 272 millions de dirhams ont été mobilisés pour leur couverture médicale et celle de leurs ayants droit. La Fondation Mohammed VI pour la promotion des œuvres sociales des préposés religieux a, de son côté, consacré 150 millions de dirhams à ses programmes sociaux. Ces aides concernent notamment les familles, les veuves, les soins médicaux et les soutiens directs. Le ministère poursuit également ses investissements dans les lieux de culte. Il annonce notamment la construction de 198 mosquées à l’initiative de bienfaiteurs. Une grande partie de ces édifices, soit 68 %, se trouve en milieu rural.

Un investissement dans l’encadrement religieux

Ces différentes mesures traduisent l’importance institutionnelle accordée à l’islam au Maroc. Le financement des personnels religieux ne se limite pas à leur rémunération. Il englobe leur formation, leur protection sociale et l’entretien des infrastructures cultuelles. À travers cette politique, le Royaume entend maintenir un encadrement religieux structuré. Un investissement qui souligne la place de la religion dans son organisation sociale et institutionnelle.

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