Dessalement : Le Maroc change d’échelle
- redacteur3.0
- novembre 3, 2026
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Le Maroc accélère sa course vers la sécurité hydrique. Le Royaume veut renforcer ses capacités de stockage. Il mise également sur le dessalement et les transferts d’eau.
Le ministre de l’Équipement, de l’Eau et des Forêts, Nizar Baraka, a présenté cette stratégie. C’était lundi 2 novembre devant la Chambre des représentants. Deux objectifs majeurs sont annoncés pour 2031. Le premier concerne les barrages, avec 27 milliards de m³. Le second vise 1,8 milliard de m³ d’eau dessalée annuellement. Cette production pourrait couvrir 60 % des besoins en eau potable.
Le Maroc poursuit la construction de nouvelles infrastructures hydrauliques. Quatorze grands barrages sont actuellement en réalisation. Leur capacité totale atteindra 5,4 milliards de m³. Douze autres barrages sont également programmés. Ils apporteront 4,9 milliards de m³ supplémentaires. Le Royaume mise aussi sur les transferts entre bassins hydrauliques. Le premier tronçon reliant le Sebou au Bouregreg est déjà opérationnel. La deuxième phase doit être lancée début 2027. Elle concernera l’interconnexion vers le bassin de l’Oum Er-Rbia. Environ 800 millions de m³ pourront ainsi être acheminés.
Le dessalement prend une nouvelle dimension
Le recours à l’eau de mer constitue un autre pilier stratégique. La production marocaine a fortement progressé ces dernières années. Elle est passée de 46 millions de m³ en 2021. Elle atteint désormais 447 millions de m³. Cette progression devrait encore s’accélérer. La station de dessalement de Casablanca entrera en service en 2027. D’autres installations sont également prévues. Nador, Driouch, Tanger et Rabat figurent parmi les villes concernées. Tiznit, Guelmim et Tan-Tan sont également au programme. L’objectif reste de diversifier les sources d’approvisionnement. La stratégie marocaine ne repose pas uniquement sur de nouvelles infrastructures. Elle accorde aussi une place importante à la sobriété hydrique.
Le gouvernement veut étendre le goutte-à-goutte à plus d’un million d’hectares. Cette technique doit limiter les pertes dans l’agriculture. La réutilisation des eaux usées traitées sera également renforcée. Le volume visé dépasse 100 millions de m³ en 2031. Des contrats de nappes doivent aussi limiter la surexploitation. Ils permettront de mieux encadrer l’utilisation des ressources souterraines. La prévention des inondations figure parmi les autres priorités. Vingt-sept projets de protection ont déjà été réalisés. Vingt et un autres sont actuellement en cours. Trente petits barrages collinaires seront également lancés. Un nouvel atlas des inondations complétera le dispositif. Des systèmes d’alerte précoce sont aussi prévus. Safi bénéficiera notamment d’un programme spécifique en 2027.
Un défi stratégique pour le Royaume
La pression climatique impose une transformation de la gestion de l’eau. Le Maroc multiplie ainsi les investissements pour anticiper les besoins. L’enjeu concerne aussi bien les ménages que l’agriculture. Les activités économiques dépendent également de cette ressource. Les objectifs fixés pour 2031 sont particulièrement ambitieux. Leur réalisation dépendra du respect des calendriers annoncés. Pour le Royaume, sécuriser l’eau devient une priorité stratégique. C’est aussi une condition essentielle de son développement futur.

