Les transferts de la diaspora vers l’Afrique ont doublé en 10 ans

Les transferts d’argent de la diaspora vers les pays africains représentent 17 % des flux mondiaux, mais ils ont quasiment doublé en dix ans, pour dépasser les 124 milliards de dollars l’an dernier, rapporte le Fonds international de développement agricole (Fida), une agence de l’ONU. Des transferts financiers qui ont servi d’amortisseurs lors des chocs économiques qui se sont succédé depuis 2016.

L’Égypte est désormais le premier pays destinataire de transferts d’argent en Afrique, avec 41,5 milliards de dollars, devant le Nigeria et le Maroc. L’Éthiopie et le Kenya entrent dans le top 5, prenant la place du Ghana et de l’Algérie, dont les transferts ont légèrement baissé.

Une croissance spectaculaire en Afrique centrale

Vers l’Afrique de l’Ouest, les flux ont augmenté d’un tiers, quadruplant même en Côte d’Ivoire. Mais c’est en Afrique centrale, où l’on partait de très loin, que la croissance des transferts d’argent est la plus spectaculaire, grâce à la RDC, qui a reçu de sa diaspora 3,3 milliards de dollars en 2025, près de six fois plus qu’il y a dix ans.

Des fonds essentiels pour les populations rurales

L’usage de ces sommes est aux trois quarts immédiat, destiné à l’alimentation, au logement ou à la santé. Un quart est en revanche consacré à des dépenses de long terme, comme l’éducation ou l’entrepreneuriat. Plus d’un tiers de ces fonds bénéficie aux populations rurales du continent, souligne le Fida, ce qui leur permet de mieux faire face aux chocs climatiques et de relancer ensuite leur production agricole.

Ces transferts pèsent lourd dans la richesse nationale de plusieurs pays africains : 11 % du PIB au Sénégal, plus de 20 % du PIB au Liberia, en Gambie et aux Comores.

Une digitalisation accélérée par la pandémie

En dix ans, ces flux vers l’Afrique ont augmenté trois fois plus vite que le rythme de l’émigration. Cela signifie que les diasporas ont consenti davantage de sacrifices pour leurs proches restés au pays, lors du Covid puis de la flambée des prix alimentaires liée à la guerre en Ukraine. Cela traduit aussi une meilleure comptabilisation de ces flux, sortis progressivement de l’informel.

La pandémie, en interrompant brutalement les voyages, a également été un moteur de digitalisation des transferts, ce qui a permis de faire baisser leurs coûts, passés de 9 % en 2016 à 7,2 % aujourd’hui. Le Fida manque en revanche encore de données précises sur les transferts au Tchad, en Centrafrique, au Soudan ou au Gabon.

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