Sénégal : Le Pastef exige un « dialogue loyal » avec le président

Au Sénégal, après la déclaration de politique générale du Premier ministre le 8 septembre 2026, quel cap pour le camp de son prédécesseur Ousmane Sonko ? Si la majorité parlementaire du parti Pastef n’a pas manqué de critiquer la méthode présentée par le chef du gouvernement devant l’hémicycle, notamment sur l’accord conclu avec le FMI pour gérer la dette publique colossale du pays, elle n’a pas sollicité de vote de confiance en vue de sanctionner Ahmadou Al Aminou Lô.

Ni les députés, ni le Premier ministre n’ont mis sur la table l’idée d’un vote de confiance, une option trop risquée pour Ahmadou Al Aminou Lô, qui s’est ainsi évité une probable motion de censure.

Sonko appelle au dialogue plutôt qu’à l’affrontement

Deux mois plus tôt, le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, avait menacé de faire tomber le gouvernement autant de fois que nécessaire si le cap qu’il avait tracé durant son passage à la Primature venait à changer. Malgré des divergences profondes exprimées mardi dans l’hémicycle et un changement de méthode assumé par Ahmadou Al Aminou Lô lui-même, le Pastef, formation majoritaire, a finalement opté pour une voie moins frontale.

Ousmane Sonko a précisé qu’il n’était pas question d’installer une hostilité permanente, tout en appelant à un dialogue loyal avec son ancien allié au sein du parti, le président Bassirou Diomaye Faye, estimant que l’État n’a pas besoin d’institutions alignées mais d’institutions debout.

La loi de finances rectificative, test politique à venir

Sur la gestion de la dette avec le FMI, le Pastef entend néanmoins montrer qu’il aura le dernier mot, selon l’analyste politique Moussa Diaw. Les députés se pencheront dans les prochaines semaines sur la loi de finances rectificative pour 2026, un texte qui intégrera les engagements pris par l’État sénégalais envers le FMI en contrepartie d’un prêt de 2,2 milliards de dollars destiné à soulager les finances du pays. La majorité parlementaire sera alors chargée d’examiner, d’amender et de voter ou non ce texte, selon son coût social pour les Sénégalais.

Une relation Sonko-Faye de plus en plus distendue

Ahmadou Al Aminou Lô présentait mardi devant le Parlement, à Dakar, son programme de gouvernement. Il avait été nommé le 25 mai par le président Bassirou Diomaye Faye, quelques jours après le limogeage d’Ousmane Sonko, devenu par la suite président de l’Assemblée nationale à l’issue d’un scrutin dont des députés de l’opposition ont contesté la légalité.

Alliés durant des années au sein du Pastef, Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye se sont progressivement éloignés jusqu’à la rupture, le chef de l’État ayant notamment lancé son propre parti le 25 juillet dernier.

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